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    Les membres du PQ font bloc derrière leur chef

    Le débat sur la loi 101 dans les cégeps repoussé à dimanche

    9 septembre 2017 22h55 | Québec
    Marco Bélair-Cirino - Correspondants parlementaires à Montréal
    Marie-Michèle Sioui
    Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a obtenu 92,8% au vote de confiance lors cadre du congrès national de son parti.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a obtenu 92,8% au vote de confiance lors cadre du congrès national de son parti.

    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, ne pouvait demander mieux. À un an du prochain scrutin, 92,8 % des délégués péquistes lui ont témoigné leur confiance à l’occasion du 17e congrès national du PQ, samedi.

     

    « Je suis comblé », a lancé M. Lisée après l’annonce du résultat du « vote de confiance » dans la grande salle du Palais des congrès. Contrairement à son prédécesseur, Pierre Karl Péladeau, M. Lisée avait accepté de se soumettre de bonne grâce à un vote de confiance, et ce, même s’il a été porté aux commandes du PQ il y a moins d’un an. Pari gagné.

     

    L’ex-conseiller politique a échoué ― mais de peu ― à fracasser le record établi par Pauline Marois au congrès national de 2011, c’est-à-dire 93,08 %. Dans l’entourage du chef péquiste, on s’en réjouit puisque le bon score de Mme Marois avait rapidement été éclipsé par une crise de leadership majeure, durant laquelle les députés Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Jean-Martin Aussant l’avaient larguée. « Ce qui est arrivé avec la crise de Mme Marois, [ça prouve qu’un fort appui] ne veut pas dire que tu peux faire n’importe quoi », a d’ailleurs averti l’ex-membre du club politique SPQ-Libre Marc Laviolette avant l’ouverture des bureaux de vote.

     

    Une question : « Accordez-vous votre confiance au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée ? » et deux réponses possibles ― « oui » ou « non » ― apparaissaient sur le bulletin de vote. Plus de neuf délégués sur 10 ont ainsi répondu « oui ».

     

    « Depuis que vous m’avez choisi comme chef, j’ai l’impression d’avoir donné le meilleur de moi-même, à vous les Québécois. J’ai l’impression d’avoir appris beaucoup, avec vous, grâce à vous. J’ai l’impression d’avoir grandi juste un tout petit peu », a déclaré M. Lisée à un parterre de 2000 délégués en liesse et observateurs impassibles.

     

    À ses yeux, les militants péquistes ont envoyé à la population québécoise « le formidable message » que le PQ est « uni », « solide » et « digne de confiance » pour former le prochain gouvernement. « Vous leur dites : “Faites confiance au Parti québécois pour défendre notre langue, notre nation, nos valeurs, la laïcité et l’intégration réussie des Québécois d’adoption.“ Vous leur dites : “Faites confiance au Parti québécois en santé pour réparer les erreurs de François Legault, Philippe Couillard et Gaétan Barrette…” », a-t-il affirmé, entouré notamment des élus Véronique Hivon, Alexandre Cloutier et Carole Poirier. Devant lui, des centaines de personnes agitaient des affiches «#Lisée2018 ».

     

    Heureux hasard, le débat sur l’accès aux cégeps anglophones n’a pas gâché la journée de M. Lisée. Pointant de mystérieuses avaries techniques, les organisateurs du congrès national ont en effet remis le vote ultime sur une proposition controversée visant à verrouiller les portes des cégeps anglophones aux personnes allophones, sauf celles qui ont fait leur scolarisation primaire et secondaire en français, à dimanche avant-midi.

     

    « Plus que jamais, c’est le moment d’être uni », a fait valoir le député de Lac-Saint-Jean et candidat malheureux de la course à la chefferie, Alexandre Cloutier, dans une brève déclaration à la presse avant de quitter la salle.
     

    Le président du PQ sortant, Raymond Archambault, a quant à lui souhaité de la « stabilité » à son parti politique.

     

    Cap sur 2018

     

    Le test du vote de confiance étant passé, les élus péquistes ont orienté leurs discours vers une autre épreuve, celle de l’élection générale d’octobre 2018. « La prochaine étape, c’est le vote de confiance de Philippe Couillard, et je suis convaincu qu’on va [le] remporter », a lancé Pascal Bérubé, optimiste pour le prochain scrutin, malgré la troisième position de son parti dans les sondages. « Ce résultat-là va nous donner un nouvel élan, c’est clair. […] Ne comptez pas le Parti québécois comme étant battu, loin de là. C’est le jour 1 qui commence. »

     

    « Je sais qu’il y avait des sceptiques, mais nous, on sentait que la confiance était vraiment là », a avancé Véronique Hivon, en évoquant un résultat qui a été au-delà de ses espérances. « Il n’y a jamais de garantie en politique », a-t-elle ensuite averti. « Il faut travailler très fort pour toujours bâtir la confiance. »

    À son avis, cet appui se traduira dans les intentions de vote pour le PQ, en dégringolade dans les derniers mois. « On va construire cette confiance d’abord et ensuite remonter dans les sondages. C’est un travail de tous les jours, mais l’important, c’est où on va être le 1er octobre 2018 », a-t-elle déclaré.

    « C’est un formidable tremplin pour la suite », croit aussi Maka Kotto. « C’est un message très positif. Avoir l’appui de la quasi-totalité des délégués ici envoie un message que je souhaite contagieux au niveau de la population », a-t-il dit.

    « Attendez », a aussi suggéré Sylvain Pagé. « Je pense qu’à partir de maintenant, on va voir une différence, parce que les gens vont voir que le parti est uni. Ils vont voir le programme du parti, bien branché sur la réalité québécoise. Moi, j’ai confiance pour la suite des choses », a-t-il assuré.

     

    « Vous voyez combien ce parti est uni. Son aile parlementaire et ses militants, combien ils ont le goût de construire un Québec plus libre, plus juste, plus vert, plus ouvert », a réagi Sylvain Rochon. « Je n’ai jamais craint pour la confiance. […] C’est exactement où on pense que Jean-François devait être », s’est aussi félicitée Diane Lamarre.

     

    Le deuxième meilleur résultat au PQ

     

    Tous les délégués présents au Palais des congrès appelaient ― publiquement, du moins ― à appuyer leur chef, Jean-François Lisée, en dépit de leurs différences de vues… en matière de langue par exemple. Le délégué de Beauharnois Marc Laviolette faisait partie du lot. Il a dit souhaiter que M. Lisée obtienne un score qui soit « le plus fort possible ». « Les militants du Parti québécois ne sont pas épais à temps complet. À un an de l’élection, on le sait qu’on est troisième, on le sait qu’on a besoin de se définir et moi j’ai bien confiance qu’on va sortir de ce congrès-là unis et forts et qu’il n’y aura pas de sang sur les murs », avait-il lancé dans un impromptu de presse vendredi.

    Vote de confiance au Parti québécois (Du meilleur au pire score)

    93 % Pauline Marois (2011)

    92 % Jacques Parizeau (1991)

    91 % Lucien Bouchard (2000)

    80 % René Lévesque (1982)

    80 % Pierre-Marc Johnson (1987)

    76,7 % Lucien Bouchard (1996)

    76,2 % Bernard Landry (2005)

    M. Lisée a obtenu près de 17 points de pourcentage de plus que l’ex-premier ministre Bernard Landry en 2005. Après avoir recueilli l’appui de 76 % des délégués, M. Landry avait claqué la porte du PQ sur-le-champ, en plus de céder son siège de député de la circonscription de Verchères à l’Assemblée nationale.

     

    Ni la proportion des délégués qui ont refusé d’accorder leur appui à M. Lisée ni la proportion des délégués qui se sont abstenus d’afficher leurs couleurs n’ont été dévoilées.

     

    Les intentions de vote pour le PQ dans les sondages sont passées de 29 %, en janvier, à 23 % en mai, puis à 22 % en juin. Ce pourcentage est resté stable au dernier coup de sonde en date. Le PQ a récolté 22 % des intentions de vote dans un sondage Léger — Le DevoirLe Journal de Montréal et Globe Mail mené à la fin du mois d’août. Le parti de Jean-François Lisée est devancé par le Parti libéral de Philippe Couillard (32 % des intentions de vote en août) et la Coalition avenir Québec de François Legault (28 %).
     













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