Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Martine Ouellet n'était pas certaine que les forages à Anticosti en valaient la peine

    Le gouvernement Marois s'était contraint à investir un minimum de 57 millions de dollars

    9 septembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    L’ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet

    L’ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, n’était pas convaincue « que le jeu en valait la chandelle » quand le gouvernement Marois a signé une entente qui le contraignait à investir un minimum de 57 millions de dollars dans l’aventure Anticosti.

     

    « Même quand j’étais ministre des Ressources naturelles, je l’ai dit : je suis loin d’être certaine que le jeu en vaut la chandelle », a déclaré l’ex-ministre vendredi, dans un entretien avec Le Devoir, en marge d’une manifestation en opposition aux investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le secteur des énergies fossiles.

     

    Le contrat que son gouvernement a signé en 2014 n’autorisait pas les forages sur l’île d’Anticosti, « d’aucune espèce de façon », a-t-elle avancé. Or, le contrat — encore en ligne sur le site de la société en commandite Hydrocarbures Anticosti, mise sur pied par le gouvernement Marois — prévoyait bel et bien, pour 2017, la réalisation de « trois forages avec fracturation ».

     

    C’est finalement le gouvernement de Philippe Couillard qui a donné le feu vert aux forages, en 2016.

     

    Un minimum de 57 millions

     

    L’entente qu’a signée le gouvernement Marois en 2014 contraignait Québec à investir un minimum de 57 millions de dollars afin de vérifier s’il existait, ou non, un potentiel commercial de pétrole et de gaz de schiste sur l’île d’Anticosti. À l’annonce du grand projet, deux semaines avant le déclenchement de la campagne électorale, les troupes de Pauline Marois disaient vouloir investir 115 millions de dollars pour vérifier le potentiel d’exploitation du pétrole sur la plus grande île du Québec.

     

    Avec le recul, Martine Ouellet admet qu’elle agirait différemment. « C’est clair qu’avec l’information qu’on a aujourd’hui, on ne prendrait pas les mêmes décisions, mais on n’avait pas ces informations-là à l’époque », a-t-elle affirmé. À l’époque, le projet devait passer l’étape des auditions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, a-t-elle rappelé. « Et depuis ce temps-là, on les a, les informations. Ce n’est pas rentable », a-t-elle constaté. « À 191 $ le baril, ce n’est clairement pas rentable. Et, en plus, [compte tenu de] tous les impacts environnementaux, c’est clair que c’est insensé, ces projets-là. »

     

    Le 28 juillet, Québec a mis un terme au contrat qui l’obligeait à investir dans le projet d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. Le gouvernement a dépensé plus de 60 millions de dollars en compensations pour les entreprises impliquées dans le projet, en plus des 30 millions engagés dans les travaux.

     

    Martine Ouellet estime que ces dédommagements n’avaient pas lieu d’être, puisque la fin de l’aventure Anticosti est à son avis une « fin de contrat », et non un « bris de contrat », en raison du caractère — non rentable, selon elle — de l’aventure.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.