Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Louis-Hébert: deux candidats perdus par leur passé

    Le libéral Éric Tétrault et le caquiste Normand Sauvageau forcés de se retirer une semaine après le déclenchement de l’élection partielle

    7 septembre 2017 | Québec
    Isabelle Porter - Avec Améli Pineda
    Marie-Michèle Sioui
    Éric Tétrault (à droite) en compagnie du premier ministre Philippe Couillard et du ministre François Blais lors de l'annonce de sa candidature, le 15 août dernier
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Éric Tétrault (à droite) en compagnie du premier ministre Philippe Couillard et du ministre François Blais lors de l'annonce de sa candidature, le 15 août dernier

    La circonscription de Louis-Hébert, à Québec, se retrouve orpheline de deux candidats : le libéral Éric Tétrault et le caquiste Normand Sauvageau se sont tous deux retirés de la course, mercredi, en raison de gestes inappropriés posés en milieu de travail, il y a quelques années.

     

    « Il s’est retiré, je n’ai pas plus de commentaires », a confirmé en soirée le premier ministre, Philippe Couillard, au sujet du départ de son candidat.

     

    « En 2017, en politique, on demande aux gens de n’avoir jamais rien fait dans leur vie », a déploré Éric Tétrault, en entrevue sur RDI après l’annonce de son départ. « Alors j’ai bien vu que les gens acceptent plus ou moins ces choses-là aujourd’hui », a-t-il ajouté, après avoir évoqué le « poids » des révélations médiatiques sur sa famille.

     

    Éric Tétrault a reconnu avoir assisté à un spectacle de Céline Dion, en 2008, dans une loge payée par l’ex-entrepreneur Lino Zambito, condamné pour fraude. Il a aussi attiré l’attention des médias parce qu’il a oeuvré comme secrétaire de presse auprès de l’ancien ministre libéral fédéral Alfonso Gagliano, éclaboussé par le scandale des commandites.

     

    Mais c’est un reportage de La Presse faisant état de gestes de harcèlement qu’il aurait posés pendant qu’il travaillait chez ArcelorMittal qui a finalement eu raison de son implication politique.

     

    Une enquête pour harcèlement

     

    Le quotidien a révélé qu’ArcelorMittal a commandé en 2014 une enquête sur son gestionnaire. « Éric Tétrault aurait été un facteur déterminant dans le départ en congé de maladie d’au moins trois employés », a écrit le quotidien. « Ça, c’est complètement fou ! » a répliqué le principal intéressé, dans un entretien avec Le Devoir, avant l’annonce du retrait de sa candidature. « Je n’ai jamais rien su d’une telle chose. […] [Est-ce que] c’est dans le rapport ou si ce sont des allégations que des gens font au-dessus du rapport ? Je ne sais pas moi, je ne sais pas d’où ça vient. Est-ce que vous comprenez que dans la situation actuelle, tout le monde peut dire à peu près n’importe quoi, et ça va s’écrire ? Vous comprenez ça ? » a-t-il lancé, sur un ton excédé.

     

    Le candidat dans Louis-Hébert a néanmoins reconnu avoir eu un « comportement inacceptable ». Il a refusé de décrire les gestes qu’il a pu poser pendant qu’il était directeur des affaires publiques d’ArcelorMittal, de 2011 à 2014. « [J’ai été] trop carré et trop abrasif avec les gens. S’il y a des gens qui se sont sentis lésés par certaines paroles, ou par un comportement, écoutez, mes regrets et mes excuses », a-t-il déclaré.

     

    Toute la journée, Éric Tétrault a martelé son intention de poursuivre la course, sous prétexte qu’il avait appris des événements qui lui ont été reprochés dans les médias. Il a aussi prétendu avoir l’appui du premier ministre, pour ensuite admettre, dans un entretien avec Le Devoir, ne pas lui avoir parlé de la journée. « Je ne l’ai pas encore rencontré. Il y aura des développements », a d’ailleurs souligné Philippe Couillard, quelques instants avant que ne vienne l’annonce du retrait de son candidat.

     

    Pas de harcèlement

     

    L’enquêteur mandaté pour investiguer au sujet d’Éric Tétrault a conclu que « deux femmes ont fait l’objet de harcèlement psychologique » de sa part, selon ce qu’a rapporté La Presse. Or, le candidat libéral a soutenu n’avoir jamais fait de harcèlement psychologique. « À mon sens, non », a-t-il soutenu. « Mais j’ai été carré et abrasif pas mal. Mais quelle est la ligne ? Chacun trace sa ligne là-dedans, c’est ça qui est l’élément le plus important à considérer, selon moi. »

     

    Il a par la suite évoqué le « contexte très difficile » qui prévalait à l’époque où il travaillait chez ArcelorMittal, en faisant notamment mention du stress causé par la chute du concentré de fer. « Une des fautes les plus communes que les hauts dirigeants peuvent commettre dans ces situations-là, c’est de transmettre le stress aux employés, soit par une charge de travail trop forte, soit par un mauvais comportement comme dans mon cas », a-t-il déclaré.

     

    Le caquiste Normand Sauvageau annonce son départ

     

    Un second candidat dans la partielle de Louis-Hébert, Normand Sauvageau, a jeté l’éponge mercredi en raison de révélations embarrassantes. Le candidat caquiste a annoncé en fin de journée qu’il retirait sa candidature à la suite de « l’appel d’un journaliste au sujet des circonstances entourant mon départ prématuré à la retraite en 2016 ».

     

    Celui qui a fait carrière à la Banque Scotia a été ciblé par des plaintes pour harcèlement psychologique, selon nos informations. « Au moment de poser ma candidature, j’ai omis d’informer les responsables de la CAQ de faits importants entourant mon départ », a admis Normand Sauvageau. « Aujourd’hui, je réalise à quel point c’était une erreur. J’aurais dû informer la CAQ de ces événements d’entrée de jeu, plutôt que d’y être contraint par l’appel du journaliste. »

     

    Le chef de la CAQ, François Legault, n’a pas tardé à souligner qu’il a agi promptement — dans les heures suivant le moment où Normand Sauvageau l’a informé des plaintes dont il avait fait l’objet. « À la CAQ, c’est tolérance zéro. J’ai agi dès que j’ai su. Je procéderai à l’annonce d’une nouvelle candidature sous peu », a-t-il écrit sur Twitter.

       

    Québec solidaire n’a cependant pas manqué de rappeler que le chef caquiste avait lui-même cherché à recruter Éric Tétrault avant qu’il se joigne aux libéraux. « Dans ces deux partis-là, c’est comme s’il y a une confiance aveugle au milieu des affaires », a déclaré la co-porte-parole Manon Massé. « C’est comme si toute la question de l’éthique, des rapports entre patrons et employés, on ne devait pas s’assurer que nos candidats étaient irréprochables là-dessus. »

     

    Le Parti québécois a dit préférer laisser les électeurs choisir. « Nous avons un candidat intègre, compétent et qui représente le changement dans Louis-Hébert et c’est Normand Beauregard », a écrit le chef Jean-François Lisée sur Twitter.

       

    Les partis ont jusqu’au 16 septembre pour choisir un nouveau candidat pour Louis-Hébert, laissée vacante après le départ du libéral Sam Hamad, en avril.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.