Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Pas de deuxième emploi pour les policiers, confirme Coiteux

    6 septembre 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux

    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a confirmé mercredi matin qu’il a l’intention d’interdire aux policiers d’exercer un deuxième emploi.

     

    Il a annoncé ses couleurs à l’ouverture de l’étude du projet de loi 133, qui vise à obliger « le port de l’uniforme par les policiers et les constables spéciaux dans l’exercice de leurs fonctions ».

     

    L’amendement du ministre Coiteux ferait en sorte qu’un « policier exerçant une fonction d’encadrement ne pourrait plus exercer une autre fonction à moins d’y avoir été préalablement autorisé », a-t-il déclaré.

     

    Martin Coiteux avait évoqué la possibilité d’inscrire cette interdiction dans une loi en mars, dans la foulée d’un cafouillage qui avait causé un embouteillage monstre sur l’autoroute 13, en pleine tempête de neige.

     

    À l’époque, La Presse avait révélé que le capitaine de la Sûreté du Québec (SQ) qui était responsable de l’intervention sur le tronçon routier était chez le notaire pendant ses heures de travail, au moment où les conditions routières se dégradaient.

     

    « On me dit que la loi actuelle, la Loi sur la police, permettrait ce genre de double emploi, avait réagi Martin Coiteux. Écoutez, si c’est le cas vraiment, des fois, il faut changer les lois. S’il faut qu’on le fasse, on va le faire. »

     

    En vertu des amendements qui seront proposés par le ministre, le capitaine de la SQ qui se trouvait chez le notaire le jour de la tempête devrait renoncer à son entreprise de gestion immobilière, Les immeubles MK inc.

     

    La gestion de la tempête du 14 mars a mené à la suspension de deux policiers à la SQ — un lieutenant et un capitaine, dont la SQ n’a jamais confirmé l’identité. Ces officiers, affectés à des tâches administratives, « n’ont toujours pas réintégré leurs fonctions », a confirmé le service de police provincial mercredi.

     

    Un projet de loi « inconstitutionnel »

     

    La Fraternité des policiers et policières de Montréal, première à s’exprimer aux audiences sur le projet de loi 133, a dénoncé l’inconstitutionnalité de la pièce législative du ministre Coiteux. « Cette fois-ci, le gouvernement va jusqu’à déposer un projet de loi inconstitutionnel pour empêcher ce qui, en juillet 2014, constituait une protestation… contre un projet de loi inconstitutionnel ! Plus précisément contre la loi 15 sur les retraites », a déclaré le président de la FPPM, Yves Francoeur.

     

    À l’époque, les policiers de Montréal avaient commencé à porter des pantalons de camouflage — ou des pantalons roses, ou des jeans — pour signifier leur opposition au projet de loi, qui venait modifier les régimes de retraite des employés municipaux.

     

    Les policiers de Montréal ont retrouvé leurs uniformes habituels en juin, dans l’optique de « tendre la main à la partie patronale », selon ce qu’ils ont alors annoncé. Ils ne l’ont pas remis depuis, car ils ont accepté une entente de principe en août.

     

    La FPPM s’oppose néanmoins au projet de loi obligeant le port de l’uniforme, sous prétexte que les moyens de pression « visibles » auxquels ils peuvent avoir recours « sont peu nombreux », comme l’a exprimé Yves Francoeur.

     

    « Pourquoi le SPVM tient-il autant à celui-là ? » a demandé le ministre Coiteux au sujet du moyen de pression qu’est le port de pantalons non réglementaires. « Nos moyens de pression sont très, très, très restreints », a répondu Yves Francoeur. « Même si la loi nous le permettait, nous ne désirons pas mettre en place des moyens de pression qui affecteraient la sécurité des citoyens », a-t-il attesté.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.