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    Inondations

    La reconstruction se fera avec la cartographie actuelle

    18 mai 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Québec convient qu’il faudra ensuite entamer une « réflexion à long terme » afin d’actualiser la cartographie en tenant compte des changements climatiques.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Québec convient qu’il faudra ensuite entamer une « réflexion à long terme » afin d’actualiser la cartographie en tenant compte des changements climatiques.

    Le Québec ne fera pas l’économie d’une « réflexion » sur les causes et les conséquences des inondations printanières, avertit le ministre de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.

     

    Durant cet exercice, les Québécois ne pourront échapper à des questions douloureuses : comme celle de la construction — ou de la reconstruction — de résidences situées dans les zones inondables.

     

    « Est-ce qu’il y a des secteurs, cette fois-ci, qui doivent être également déclarés non constructibles ? C’est trop tôt pour le dire, mais on peut penser qu’il va y avoir des conclusions comme celles-là », a suggéré le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée.

     

    Il a appelé le gouvernement libéral à établir une nouvelle cartographie officielle des zones inondables. En 2004, le ministère de l’Environnement a abandonné le Programme de détermination des cotes de crues de récurrence de 20 ans et de 100 ans (PDCC), lequel visait 155 nouveaux secteurs de lacs et de rivières, a-t-il déploré. Ainsi, l’eau a pris de court plus d’un Québécois en envahissant des secteurs ne figurant pas dans des zones dites inondables.

     

    Selon le gouvernement, la priorité pour le moment est de permettre aux victimes de « retrouver une vie normale ». C’est pourquoi Québec a décidé de se baser sur la cartographie actuelle pour encadrer la reconstruction des résidences sinistrées. « Si le zonage permet la construction, on va dire aux gens d’aller de l’avant », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard en point de presse à Montréal.

     

    « Il y a des zones dans lesquelles on n’a pas le droit de faire de nouvelles constructions. D’office, on ne reconstruira pas dans ces zones », a précisé son collègue, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

     

    Québec convient qu’il faudra ensuite entamer une « réflexion à long terme » afin d’actualiser la cartographie en tenant compte des changements climatiques.

     

    Des inondations comme celle de ce printemps — ayant forcé l’évacuation de plus de 4000 personnes dans des dizaines de municipalités du Québec —, « on sait que ça va arriver à nouveau, puis pas dans 100 ans », convient M. Heurtel. « Il va y avoir une réflexion », a annoncé l’élu montréalais. Mais pas tout de suite. « On est encore dans une situation de crise, d’urgence. [Celle-ci] mérite toute notre attention. » M. Heurtel a justifié ainsi le refus du gouvernement libéral de donner suite à la demande du Parti québécois consistant à mettre sur pied une commission scientifique et technique sur les inondations printanières.

     

    « Les travaux de la commission devraient conduire à mieux comprendre ce qui est actuellement accompli comme actions par les diverses parties prenantes — au premier chef les autorités gouvernementales et municipales — et [à] voir également la gestion de l’eau dans les barrages [ainsi que] la capacité qu’avaient les experts de prévoir la situation particulière de cette année, compte tenu des informations qui étaient disponibles quelques semaines avant les événements », avait soutenu M. Lisée, invitant le gouvernement à s’inspirer des commissions scientifiques et techniques chargées d’analyser la gestion des barrages après le déluge du Saguenay (1996) et les événements relatifs à la tempête de verglas (1998).

     

    Quatre ans plus tard

     

    De son côté, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a amorcé mercredi l’examen d’un projet de réaménagement de la rivière Lorette visant à y permettre le passage sécuritaire d’une crue centennale de 85 m3/s. L’objectif : que les inondations de 2005 et de 2013 ne se reproduisent plus.

     

    Murs anti-crues, création de plaines de débordement et de bras de décharge, revégétalisation des rives : l’agglomération de Québec ne lésinera pas sur les moyens afin de contrer de nouvelles inondations dans les municipalités de L’Ancienne-Lorette et de Québec.

     

    Deux familles en feront les frais. Elles devront se départir de leur propriété afin de permettre l’aménagement de plaines inondables.

     

    Avec Marie-Lise Rousseau


    Aide bonifiée aux sinistrés Comme prévu, Québec augmente les sommes qui seront versées aux victimes des crues printanières en plus de mettre en place un nouveau crédit d’impôt pour les propriétaires des résidences sinistrées. Le programme d’aide financière spécifique, présenté mercredi à Montréal, offre notamment jusqu’à 50 000 $ aux victimes qui céderont leur terrain. Québec élargit également sa couverture des dépenses de réparation des résidences à 90 %, jusqu’à concurrence de 200 000 $. Elle couvrait auparavant 80 % de ces dépenses, pour une somme maximale de 159 208 $. L’aide financière du gouvernement, estimée à 350 millions au total, s’étend désormais à tous les propriétaires d’immeubles locatifs, et non seulement à ceux dont c’est la principale source de revenus. Les nouvelles mesures touchent les citoyens, les propriétaires de résidences ainsi que les entreprises. Elles s’appliqueront au cas par cas. Marie-Lise Rousseau












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