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    Enquête Diligence

    Un malaise persistant

    Brian Myles
    20 mars 2017 |Brian Myles | Québec | Éditoriaux

    L’échec du volet 2 de l’enquête Diligence, remontant à 2009, refait surface. Les élus provinciaux auraient-ils bénéficié d’une «immunité diplomatique» dans les enquêtes sur la corruption? En d’autres mots, une «police politique» protègerait-elle les élus de l’Assemblée nationale?

     

    Le premier ministre, Philippe Couillard, assure qu’il n’y a pas de politique d’immunité au bénéfice des élus provinciaux. Bien sûr que non! Aucun gouvernement ne serait assez insensé pour placer officiellement ses représentants au-dessus des lois. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut classer l’affaire sans suite, bien au contraire. Cette proximité entre la police et le politique fait partie du registre du non dit depuis trop longtemps au Québec.

     

    Le sujet revient dans l’actualité de manière épisodique. Cette fois, c’est en raison de la publication de documents rédigés par un lieutenant de la SQ, visant à obtenir des mandats de surveillance des téléphones cellulaires des journalistes Denis Lessard et André Cédilot. L’affaire remonte à 2014, et la SQ cherchait alors à démasquer les policiers qui alimentaient les journalistes sur les dessous du volet 2 de Diligence, une enquête sur l’infiltration du crime organisé dans la construction tuée dans l’oeuf en raison de fuites.

     

    Les allégations contenues dans ces documents n’ont pas été prouvées en cour. Elles font état de craintes des enquêteurs de la SQ, remontant à 2009, quant aux effets de leur travail sur la classe politique. Pour éviter que l’ex-premier ministre Jean Charest soit «piégé» sur écoute électronique, la SQ aurait informé le gouvernement de l’existence du volet 2 de Diligence. Fait à souligner, la filature d’un ancien dirigeant de la FTQ-Construction, Eddy Brandone, avait été interrompue après qu’il se soit rendu à un évènement officiel auquel prenait part M. Charest. Voilà beaucoup de coïncidences autour d’une seule et même enquête.

     

    Il s’agit d’un sujet en or pour la Commission Chamberland, chargée d’enquêter sur la protection des sources journalistiques. L’affaire démontre la facilité déconcertante avec laquelle les juges de paix autorisent la surveillance des journalistes, pour des peccadilles. Elle révèle également la grande sensibilité des policiers à l’égard des préoccupations de leurs maîtres politiques.

     

    Les élus de l’Assemblée nationale auraient tort de laisser tout le travail à la commission Chamberland car elle se heurtera rapidement aux limites de son mandat si elle s’intéresse à l’immunité dont auraient bénéficié des politiciens. Il ne faudrait pas conclure à l’existence généralisée d’une politique d’immunité sur la base d’un seul document judiciaire, mais ce volet de l’histoire mérite au moins un débat en commission parlementaire.













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