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    Demandeurs d'asile: il faut donner l'heure juste, estime Couillard

    12 août 2017 | Marie-Michèle Sioui à Sherbrooke | Canada
    Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
    Photo: Jason Franson La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

    Le premier ministre Philippe Couillard estime qu’il est « malheureux » qu’on ait fait croire aux demandeurs d’asile que l’acceptation comme réfugié au Canada et au Québec est « un fait accompli ».

     

    À son arrivée au congrès des jeunes libéraux, samedi, il a rappelé qu’en moyenne, la moitié des demandes d’asile ou de réfugiés de la communauté haïtienne sont approuvées.

     

    « Il ne faut pas enlever l’espoir aux gens […], mais il faut présenter un portrait réel de la situation, notamment auprès des personnes qui, encore aux États-Unis, pourraient être tentées de faire la même expérience », a-t-il affirmé.

     

    Philippe Couillard s’est gardé de s’en prendre directement au premier ministre fédéral, Justin Trudeau, qui a réagi au décret sur l’immigration du président américain Donald Trump, en janvier, en écrivant sur Twitter : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera. » Il a aussi réservé ses commentaires au sujet du maire Denis Coderre, qui a œuvré à donner à Montréal le titre de « ville sanctuaire », dans laquelle les « nouveaux arrivants et les réfugiés sont les bienvenus ».

    Un « mur » pour Legault

    Le premier ministre du Québec a fait preuve de beaucoup moins de retenue au sujet du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault. « Si on va au bout de sa logique, quand il parle de la frontière qui est une passoire — ce qui d’ailleurs est faux — eh bien, on va faire un mur, n’est-ce pas M. Legault ? Et on va le faire payer par Haïti, pourquoi pas ! », a-t-il lancé.

    Jeudi, François Legault a publié un message sur sa page Facebook dans lequel il disait s’inquiéter de voir le Québec « devenir une passoire » devant l’afflux de migrants qui arrivent sur son territoire. « Il faut vraiment que le gouvernement Couillard, Mme Weil et compagnie, changent leur discours, puis disent : “si vous venez de façon illégale, on va vous retourner dans votre pays” », a-t-il déclaré la même journée, devant les caméras de Radio-Canada,

    Pourtant, « M. Legault, en février dernier, disait dans Le Devoir que le Québec et le Canada devaient accueillir à bras ouverts les réfugiés qui étaient en demande suite aux actions de l’administration Trump. Son discours est complètement changeant aujourd’hui », a souligné Philippe Couillard.

    Dans l’entrevue qu’il avait accordée, le chef caquiste affirmait que le Québec devait « s’abstenir pour l’instant de refouler à la frontière les migrants s’enfuyant des États-Unis de Trump », « sans pour autant compromettre la sécurité nationale ».

    Selon la CAQ, ces propos n’entrent pas en contradiction avec ce que François Legault avance aujourd’hui. « Les libéraux doivent cesser de mépriser ceux qui considèrent que le gouvernement devrait dissuader les migrants de passer illégalement la frontière », a déclaré le directeur des relations médias, Guillaume Simard-Leduc. « Le seul mur qui existe, c’est le mur entre un premier ministre et les préoccupations légitimes de sa population. Il est plus que temps de changer ce gouvernement déconnecté. »

    Interventions radio

    Pour clarifier le message à envoyer aux Haïtiens qui se trouvent aux États-Unis, Philippe Couillard s’est dit « tout à fait prêt » à faire des interventions dans les stations de radio des États-Unis.

    « Ce qu’on devrait faire, nous, c’est de s’assurer que de l’autre côté de la frontière, dans les radios qui rejoignent les gens des différentes communautés, [les gens] comprennent que les mêmes règles s’appliquent au Canada qu’aux États-Unis », avait suggéré un peu plus tôt la ministre de la Réforme des Institutions démocratiques, Rita DeSantis.

    « Il semble y avoir une espèce de — je ne sais pas si on peut appeler ça une propagande — sur la capacité d’obtenir un statut ou une légalisation du statut soit facile. Ce n’est pas le cas », a aussi dit le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.

    Selon le ministre, l’afflux de demandeurs d’asile à la frontière n’aura « pas d’impact sur les finances publiques ». « Essentiellement, ce que l’on souhaite, c’est que cette situation temporaire soit résolue le plus rapidement possible », a-t-il tout de même déclaré, en rappelant que les critères auxquels doivent répondre les demandeurs d’asile « sont très spécifiques » et « ne correspondent certainement pas à la vague que l’on connaît à l’heure actuelle ».

    En 2016, 207 des 412 demandes d’asile formulées par des Haïtiens au Québec ont été refusées.

    Au total, 2620 personnes sont actuellement hébergées dans plusieurs centres à Montréal, par rapport à 1575 en date de jeudi dernier. Du 1er au 7 août, 1798 personnes ont traversé la frontière canado-américaine au Québec de manière clandestine.

    Pour l’instant, le nombre total connu de demandeurs d’asile, environ 9600, est inférieur à celui traité durant d’autres années de grande affluence. En 2008, par exemple, le Québec avait reçu 13 625 demandes d’asile.













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