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    Langues officielles

    Madeleine Meilleur sur la sellette

    19 mai 2017 | Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa | Canada
    La commissaire aux langues officielles, Madeleine Meilleur
    Photo: Colin Perkel La Presse canadienne La commissaire aux langues officielles, Madeleine Meilleur

    Un café avec Katie Telford, une discussion avec Gerald Butts. La candidate de Justin Trudeau pour le poste de commissaire aux langues officielles est entrée en contact avec les deux plus proches collaborateurs du premier ministre pour leur signaler son intérêt avant le déclenchement du processus de nomination.

     

    L’opposition considère que l’intégrité du processus de désignation « ouvert et fondé sur le mérite » du gouvernement libéral a été sérieusement entachée en raison des révélations faites par Madeleine Meilleur devant le Comité des langues officielles jeudi.

     

    Les députés conservateurs et néodémocrates n’en attendaient probablement pas tant. Mais à force de talonner l’ancienne ministre libérale ontarienne, ils ont appris que cette dernière avait eu un accès privilégié à l’entourage du premier ministre qui l’a désignée commissaire.

     

    Ainsi, Mme Meilleur a dévoilé avoir contacté son secrétaire principal, Gerald Butts, ainsi que sa chef de cabinet, Katie Telford — ces deux anciens de Queen’s Park sont les plus influents du gouvernement Trudeau.

     

    Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, n’en revenait pas. « C’est un processus opaque, factice, de consultation. […] C’est ce qu’on a appris aujourd’hui », a-t-il lâché en mêlée de presse à sa sortie de la salle de réunion du parlement.

    C’est un processus opaque, factice, de consultation
    Thomas Mulcair, chef du NPD

    Échanges corsés

     

    L’ancienne députée d’Ottawa-Vanier a trouvé cette entrée en scène pénible. « Je savais que ça n’allait pas être facile aujourd’hui, a-t-elle laissé tomber après sa comparution. C’est difficile […] quand on remet en question mon intégrité. »

     

    Les députés qui ont talonné la Franco-Ontarienne en comité ont affirmé à maintes reprises que leurs récriminations concernaient le processus de nomination et non les compétences et l’expérience de Mme Meilleur.

     

    Mais la séance a donné lieu à des échanges corsés, notamment entre elle et un Thomas Mulcair incisif à souhait.

     

    Lorsque ce dernier a soulevé sa proximité avec le Parti libéral du Canada (PLC) et ses contributions financières tant au parti que pour la course au leadership de Justin Trudeau, elle a riposté en disant qu’elle ne pouvait « effacer 13 ans de vie politique partisane ».

     

    « C’est justement ça, le problème, Mme Meilleur », lui a répliqué le leader, du tac au tac, soutenant que le premier ministre Trudeau a « fait une erreur » en la sélectionnant. « Vous n’avez pas cette distance critique, lui a balancé le chef. Vous êtes trop collée sur les libéraux. »

     

    Mélanie Joly

     

    Avant son entrée aux Communes, la ministre responsable du dossier des langues officielles, Mélanie Joly, avait insisté sur la compétence et l’expérience de la candidate retenue par Justin Trudeau et esquivé les questions sur les rouages du processus de nomination. « L’objectif du processus est de trouver la meilleure candidate. Nous l’avons trouvée, nous en sommes très fiers ».

     

    Au bureau de Justin Trudeau, on a continué de défendre, jeudi après-midi, le processus ayant mené à la sélection de la libérale de longue date.

     

    « Après de nombreuses évaluations, Mme Meilleur s’est révélée être la candidate la plus qualifiée pour cet important poste », a-t-il ajouté, confirmant dans un courriel subséquent que le gouvernement n’avait pas l’intention de retirer la nomination contestée.













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