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    Abénaquis et Attikameks

    Des projets à saveur autochtone (2)

    Sophie Suraniti
    4 novembre 2017 |Sophie Suraniti | Alimentation | Chroniques

    S’il est un dossier d’importance qui touche les communautés autochtones éloignées ou en milieu urbain, c’est celui de la sécurité alimentaire. Cela signifie notamment d’avoir accès à une saine alimentation. Les projets pour aider les familles à mieux se nourrir (qualité, prix abordables, informations nutritionnelles, habiletés) peuvent alors prendre différentes formes.

     

    Des recettes abénaquises

     

    Bannique de tournesol, pâtes aux têtes de violon et aux écrevisses, chili du chasseur… Une trentaine de recettes pour tous les jours ou les occasions figurent au menu de Nd’adbokwa, je cuisine, paru au printemps dernier. L’idée de ce livre vient de Raymonde Nolett, éducatrice pour le programme d’aide préscolaire aux Premières Nations (PAPPN) et coordinatrice du projet Avenir d’enfants au centre de santé d’Odanak.

    Photo: André Gill La couverture du livre «Nd’adbokwa, je cuisine», qui a été distribué aux gens de la communauté abénaquise et dont la traduction en anglais est en cours.
     

    Avec ce projet, qui vise le développement global des enfants de 0 à 5 ans et de leurs familles, elle organise des activités pour rejoindre les familles abénaquises. Apprentissage de danses, fabrication d’un fumoir, démonstration de fumage… Et ce livre de recettes. « Je ne pensais pas que ça allait sortir si beau ! »

     

    En effet, la petite idée de départ a pris de l’ampleur, notamment sous l’oeil d’André Gill, un collègue de Raymonde. Ce dernier l’a accompagnée chez les familles participantes pour photographier tous les plats. « En cuisinant les recettes de nos ancêtres avec de jeunes enfants, on espère garder la culture abénaquise bien présente dans la vie de tous les jours. C’est aussi pour les générations futures », confie au téléphone Raymonde, elle-même abénaquise.

     

    Transmettre pour éviter que les coutumes et la langue se perdent est capital pour les communautés autochtones. Le livre de recettes fait ainsi office de gardien de la mémoire. Il a d’ailleurs été distribué aux gens de la communauté et sa traduction en anglais est en cours, car le chef de la communauté d’Odanak souhaite l’offrir aux autres communautés abénaquises qui vivent au Nouveau-Brunswick, dans le Maine et en Ontario. Il est aussi un vecteur pertinent pour apprendre aux jeunes et à leurs parents à faire de meilleurs choix alimentaires et à engranger des connaissances et des compétences culinaires.

    Photo: André Gill La bannique de tournesol compte parmi les recettes du livre «Nd’adbokwa, je cuisine».
     

    D’autant plus que le garde-manger abénaquis est plutôt alléchant, car diversifié : des têtes de violon à profusion, du gibier à plumes (oie, canard), du chevreuil, du maïs et beaucoup de poissons (achigan, barbotte, brochet, doré, perchaude…) qu’on aime fumer. Un bon quart des membres de la communauté d’Odanak, surtout ceux qui vont pêcher à la rivière Saint-François, possèdent leur propre fumoir.

     

     

    Bac-à-minic et Miro Mitcim

     

    Le Bac-à-minic (« bleuet », en attikamek), c’est une livraison régulière de fruits et de légumes au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière. Le jour J, les familles viennent faire leur marché selon leur budget et leurs goûts. Rien n’est imposé. Juste des aliments frais pour les détourner du prêt-à-manger industriel et de la restauration rapide.

     

    « Avec notre partenaire sur ce projet, Bonne boîte bonne bouffe Lanaudière, nous visons toujours la diversité et le juste prix », explique Marcelle Konan, chargée de projets au centre. Par exemple, la livre de pommes de terre est proposée à 1,20 $ au lieu des 1,99 $ des spéciaux des supermarchés du coin. Depuis sa mise en place, en mars 2015, cette formule de minimarché encourage les familles à mieux se nourrir à moindre coût. Elle est appréciée pour sa flexibilité.

    Photo: André Gill Les pâtes aux têtes de violon et aux écrevisses se trouvent aussi parmi les recettes du livre «Nd’adbokwa, je cuisine». 
     

    Mais les bacs restent pleins lorsque les livraisons tombent à des périodes où les familles sont sans le sou (beaucoup sont sans emploi ou ont un emploi à très faible revenu), ou lorsque les conditions météo entravent les déplacements. Même si les services en matière de soins, de santé ou d’éducation du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière s’adressent à toutes les familles autochtones vivant dans la région ou de passage, la communauté attikamek de Manawan représente 90 % de sa clientèle.

     

    Toutes les initiatives en matière de sécurité alimentaire du centre tiennent donc compte de cette réalité régionale, à savoir une communauté éloignée et enclavée, encore tournée culturellement vers la chasse, la pêche et la cueillette du bleuet, cuisinant peu. D’où le projet Miro Mitcim (« bons repas », en attikamek) que le centre prévoit de mettre en place.

     

    En créant une entreprise d’économie sociale, il proposera plusieurs initiatives en lien avec la sécurité alimentaire. Dont un volet transformation. La future cuisine proposera des plats congelés répondant aux goûts de la clientèle en transformant les invendus du Bac-à-minic et en valorisant des ressources locales comme le bleuet, petit fruit phare des Attikameks. Du prêt-à-manger santé !


    Fêter la baguette artisanale C’est la première fois que l’Association des boulangers artisans du Québec organise la Fête à la baguette artisanale. Le concours a lieu le 10 novembre entre professionnels, et le 11 novembre est la journée pour le grand public. Les boulangeries artisanales participantes vont proposer diverses activités : visite du fournil, démonstrations de fabrication de baguettes, etc.

    Pour les jeunes complètement «choux» Le premier atelier en compagnie du chef Olivier Perret, du restaurant Renoir Sofitel à Montréal, s’est attaqué aux courges. Celui du 19 novembre est un spécial « choux » avec Frédérick Mey, du restaurant Le Bleu Raisin. Le chef montrera aux jeunes de 6 à 11 ans, accompagnés d’un parent (le groupe de 12 h 30 est ouvert aux adolescents qui peuvent participer seuls), comment apprêter ces légumes de saison.

    Juste avant, un producteur du Québec leur présentera cette vaste famille de mal-aimés. Nous ne sommes pas en classe ! C’est relaxe, on discute, on tripote les légumes, puis tout le monde passe en cuisine avec le chef. Un atelier de deux heures à 25 $ (20 $ pour un deuxième enfant inscrit), ce n’est vraiment pas cher vu la qualité des installations (cela se passe au niveau mezzanine du marché Jean-Talon), le personnel présent et tout le contenu proposé.

    En fondant l’OBNL 1, 2, 3… je cuisine !, Karine Desserre-Pezé souhaite que ces ateliers de cuisine soient accessibles et que se créent des interactions entre chefs, producteurs locaux et jeunes. Plutôt bien parti !

    facebook.com/cestmoilechefquebec












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