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    Statines: revenir au bon jugement clinique

    21 mars 2017 | Lucie Bergeron, nutritionniste Québec, le 19 mars 2017 | Alimentation

    Enfin un médecin réputé, le Dr Martin Juneau, qui se prononce sur les statines (chronique Zeitgeist du vendredi 17 mars). Pour ma part, je n’en peux plus de crier dans le désert pour les patients que je traite. Des patients âgés de 80, 85 et plus de 90 ans qui reçoivent encore leur dose quotidienne de statine. Ils sont maigres, parfois cachectiques ; ils ont perdu 5, 10, 15, 20 % ou plus de leur poids ; leur taux de cholestérol total est rendu très bas avec conséquemment des HDL (du « bon » cholestérol) très bas aussi. Mon dernier patient en lice, pourtant un « jeune » de moins de 75 ans, a un cholestérol total à 1,54. C’est très, très bas. Avec sa statine quotidienne depuis des lustres, une perte de poids grave au long court, une malnutrition sévère associée, on s’est assuré de nourrir la « bête » (dixit notre système de « santé »). Il est à risque de relogement en hébergement. Ceci n’est pas juste une anecdote ; j’en ai trop vu pour me faire dire cela.

     

    Pourtant, le cholestérol sert à beaucoup de choses (entre autres à la synthèse de la vitamine D, dont la déficience entraîne de la sarcopénie). En tout cas, des données probantes montrent qu’un cholestérol bas associé à une albumine basse diminue les capacités fonctionnelles pour les activités de la vie quotidienne. Aussi, un cholestérol bas pourrait entraîner de la démence. Il y aurait aussi peut-être un lien avec la maladie de Parkinson et la dépression. Moi qui croyais être seule à avoir lu cela, j’ai été des plus surprises quand un médecin, à qui je me plaignais (eh oui !) de l’abus des statines chez nos aînés malades, me répond tout bonnement : « … oui, et ça peut entraîner de la démence ». Mais pourquoi ne fait-on rien ! ?

     

    Je ne dis pas de cesser les statines — quel sacrilège ce serait ! —, mais quand va-t-on arrêter d’appliquer des recettes et revenir au bon jugement clinique ?













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