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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Appel à la grâce présidentielle pour Edward Snowden

    14 septembre 2016 12h42 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Edward Snowden dans l'oeil de la caméra du réalisateur Oliver Stone.
    Photo: Edward Snowden dans l'oeil de la caméra du réalisateur Oliver Stone.
    Du bien commun à la clémence. En marge de la sortie du film d’Oliver Stone sur la vie et le destin du lanceur d’alerte Edward Snowden, un regroupement d’organisations non gouvernementales (ONG) versées dans la défense des droits humains et des libertés civiles, demande aujourd’hui au président Barack Obama d’accorder une grâce présidentielle à l’ex-analyste de la National Security Agency (NSA), réfugié en Russie depuis 2013.

    Une pétition mondiale vient d’ailleurs d’être lancée simultanément à Genève et New York aujourd’hui dans l’espoir de faire pencher le président sortant des États-Unis en faveur de l’homme qui, par ses révélations sur l’espionnage institutionnalisé des citoyens ordinaires, a sacrifié sa liberté individuelle pour préserver les libertés civiles de ses contemporains. Amnesty International, l'Union américaine pour les libertés publiques (ACLU) et Human Rights Watch sont en partie derrière la chose.

    «Edward Snowden a clairement agi dans l'intérêt général. Il a déclenché un débat majeur sur la surveillance exercée par les gouvernements depuis des décennies, et a suscité un mouvement mondial de défense de la vie privée à l'ère numérique. Le sanctionner pour ce motif revient à adresser un message dangereux à ceux qui sont témoins de violations des droits humains derrière des portes fermées, à savoir qu’ils ne doivent pas en parler», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International. «Il est ironique que Snowden soit traité comme un espion alors que son acte courageux a attiré l'attention sur le fait que les gouvernements américain et britannique ont espionné illégalement des millions de personnes sans leur consentement.»

    Dans une entrevue accordée au quotidien britannique The Guardian, mardi, Edward Snowden, qui fait face à des dizaines d’années de prison pour trahison aux États-Unis et qui a vit dans l’exil en Russie depuis ses révélations, a d’ailleurs réclamé cette grâce présidentielle pour enfin pouvoir retourner dans son pays.

    « Oui, il y a des lois écrites qui disent certaines choses, mais c’est peut-être pour les cas d’ exceptions que le pouvoir de gracier existe, pour les choses qui semblent illégales en apparence, mais qui, lorsqu’on les regarde dans une perspective morale, éthique, quand on voit les résultats, apparaissent comme nécessaires et vitales », explique Edward Snowden. Il ajoute: « Lorsque les gens regardent les bénéfices, il est clair que depuis 2013 les lois de notre pays ont changé. Le Congrès, les tribunaux et le président, tout le monde a changé sa politique après ces révélations. Dans le même temps, il n’y a jamais eu de preuve publique que quelqu’un en ait souffert. »

    Les défenseurs d’Edward Snowden comptent beaucoup sur la sortie du film d’Oliver Stone pour faire pencher la balance en faveur de l’ex-analyste de la NSA. « Je pense qu’Oliver va faire plus pour Snowden en deux heures que ses avocats n’ont été capables de faire en trois ans », a indiqué d’ailleurs l’avocat du lanceur d’alerte, Ben Wizner, dans les pages de Motherboard.

    Rappelons qu’en 2015, une pétition réclamant une grâce présidentielle pour Snowden a été repoussée du revers de la main par la Maison-Blanche, et ce, même si elle portait près de 168 000 signatures.

    Ce nouvel appel à la clémence pour l’exilé américain vient toutefois de trouver un appui de taille en la personne de Bernie Sanders, ex-aspirant à la représentation démocrate dans la course à la présidence des États-Unis, en cours.

    Dans une lettre adressée au Guardian, le politicien, soutenu par plusieurs autres personnalités américaines, dont Daniel Ellsberg, ex-analyste de la NSA qui, en 1971, a été à l'origine des Pantagone Papers sur la guerre du Vietnam ou l’actrice Susan Sarandon, estime que Washington devrait désormais entrer dans un processus de résolution de problème afin d’éviter la prison et l’exil à un homme dont les révélations ont été profitables à tous.

    Une idée qui, pour Amnesty International, permettrait à Barack Obama de «se placer du bon côté de l’histoire», avant de quitter son poste en janvier prochain.












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