Les habitants évacués de villes assiégées reprennent la route

Des habitants des villes de Foua et Kafraya, assiégées par le gouvernement, arrivent à Jibrin, dans la banlieue d’Alep.
Photo: George Ourfalian Agence France-Presse Des habitants des villes de Foua et Kafraya, assiégées par le gouvernement, arrivent à Jibrin, dans la banlieue d’Alep.

Les Syriens évacués de localités assiégées ont repris la route vendredi vers leur destination finale après un retard de 48 heures, dans le cadre d’une vaste opération enrayée par un attentat sanglant et des divergences de dernière minute.

 

La fin de cette évacuation croisée d’habitants de localités rebelles et prorégime signera la première phase de l’accord conclu entre le régime de Bachar al-Assad et la rébellion, avec la sortie au total de près de 11 000 personnes de leurs foyers.

 

Longue attente

 

Pour les quelque 3300 personnes évacuées mercredi, l’attente a été longue dans la soixantaine de bus qui étaient à l’arrêt dans deux zones de transit distinctes à la périphérie d’Alep (nord).

 

Depuis mercredi matin, 45 cars chargés de civils et combattants évacués des localités loyalistes de Foua et Kafraya (province d’Idleb) étaient à l’arrêt à Rachidine, une banlieue rebelle du sud-ouest d’Alep.

 

Parallèlement, depuis mercredi soir, 11 bus transportant ceux de trois localités rebelles — Zabadani, Serghaya et Jabal Charqi — stationnaient dans la zone de Ramoussa, contrôlée par le gouvernement, au sud d’Alep.

 

L’opération était suspendue à la libération de prisonniers par le régime.

 

« Après que tous les bus soient partis, les 750 prisonniers seront libérés. Grâce à Dieu, cette question a été réglée », a assuré Abou Obeida, un responsable de l’opération du côté rebelle, au correspondant de l’AFP sur place.

 

La plupart des bus « ont repris le chemin » vers leur destination finale respective, a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

 

Bus en attente

 

En début d’après-midi, la majorité des bus transportant les habitants de Foua et Kafraya étaient arrivés dans la ville d’Alep, sous le contrôle total du régime depuis décembre 2016, d’après l’OSDH. Il ne reste plus que neuf bus attendant encore à Rachidine.

 

« Quant aux bus transportant les habitants des localités rebelles, la plupart se sont dirigés vers la province d’Idleb », leur destination finale contrôlée par les insurgés et les djihadistes, a indiqué M. Abdel Rahmane. Trois cars attendent encore leur tour.

 

Cette évacuation avait commencé il y a une semaine jour pour jour mais avait été ensanglantée le 15 avril par un attentat qui a fait 126 morts, dont 68 enfants.

 

Le régime a accusé les rebelles, qui ont démenti. L’attaque n’a pas été revendiquée.

 

Comble de l’horreur, les auteurs de l’attentat étaient déguisés en humanitaires.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 avril 2017 08 h 13

    Information inexacte

    En commentaire au texte…
    http://www.ledevoir.com/international/actualites-i
    …on trouvera les véritables dessous de cette affaire.

    Cette dépêche de l’Agence France Presse est complètement erronée. Cet échange de population fut négocié entre l’Iran et le Qatar.

    Ce n’est donc pas le fruit d’un accord conclu entre le régime de Bachar al-Assad et la rébellion, comme l’affirme cet article.