Catalogne: Puigdemont restera en Belgique «pour l’instant»

Carles Puigdemont a précisé qu’il n’excluait pas de rentrer dans son pays après les élections régionales du 21 décembre.
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Carles Puigdemont a précisé qu’il n’excluait pas de rentrer dans son pays après les élections régionales du 21 décembre.

Bruxelles — Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, visé par des poursuites judiciaires en Espagne, a annoncé son intention de rester en Belgique « pour l’instant », mercredi, au lendemain du retrait par un juge espagnol du mandat d’arrêt européen qu’examinait la justice belge.

 

Après ce retrait, « est-ce qu’on peut circuler sans souci dans l’Union européenne ? Pour l’instant, on n’a pas la réponse […], on va rester ici », a déclaré M. Puigdemont lors d’une conférence de presse à Bruxelles au côté des quatre anciens conseillers-ministres catalans exilés comme lui en Belgique le 30 octobre.

 

Le dirigeant indépendantiste a ensuite précisé qu’il n’excluait pas de rentrer dans son pays après les élections régionales du 21 décembre en Catalogne, mais à certaines conditions.

 

Il faudrait, a-t-il expliqué, que le vote des Catalans aboutisse à une reconduction du gouvernement séparatiste déchu fin octobre, et que l’État espagnol s’engage à respecter ce résultat électoral.

 

Alors dans ce cas, « on doit retourner […] mais on doit connaître la réponse », a précisé Carles Puigdemont.

 

Mardi, la justice espagnole a renoncé à demander à la Belgique l’extradition de M. Puigdemont, candidat aux élections du 21 décembre, préférant attendre qu’il revienne de lui-même en Espagne pour l’arrêter. Cela va clore la procédure ouverte devant la justice belge le mois dernier.

 

La Cour suprême espagnole a cependant fait savoir que le juge à l’origine de cette décision-surprise maintenait le mandat d’arrêt espagnol visant l’ex-président catalan et ses quatre ex-ministres. Ils risquent donc d’être interpellés s’ils rentrent en Espagne.

 

Mercredi, devant la presse à Bruxelles, ceux-ci ont expliqué la décision du juge espagnol par la « peur » qu’aurait l’État espagnol du jugement de l’opinion internationale sur cette crise politique, la pire traversée par l’Espagne depuis plus de trente ans.

 

« Il est évident que l’État espagnol a retiré ce mandat européen parce qu’il a eu peur », a affirmé M. Puigdemont.

 

Lui et ses ex-ministres ont aussi dénoncé le refus de Madrid d’accepter que le scrutin du 21 décembre se déroule sous l’oeil d’observateurs internationaux.

 

Selon l’ex-ministre catalane Clara Ponsati, Madrid ne peut actuellement « pas soutenir » le regard de l’étranger. « Il y a eu abus des accords européens, ils devront répondre de cela », a-t-elle aussi déclaré à propos de l’application par l’Espagne du mandat d’arrêt européen.

1 commentaire
  • Germain Dallaire - Abonné 7 décembre 2017 08 h 00

    Et ça continue...

    Lundi dernier, j'assistais à une présentation de deux députées catalanes. L'une d'elle rapportait que déjà, on avait assisté des scènes de répression de partisans de l'indépendance, certains ayant été attaqués alors qu'ils posaient des pancartes. L'Espagne semble vraiment adorer les conflits comme le montre aussi ce refus d'accepter des observateurs internationaux. À moins d'un victoire claire des indépendantistes, on peut déjà prévoir la poursuite de l'imbroglio. Les indépendantistes perdants pourront légitimement invoquer des irrégularités. Et vogue la galère...
    Germain Dallaire
    abonné