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    Trois jours plus tard, «Irma» fait toujours des victimes

    13 septembre 2017 | États-Unis
    Karim Lebhour - Agence France-Presse à Miami et à Washington
    Leila Macor - Agence France-Presse
    Dans le sillage d’«Irma», les gravats accumulés témoignent de la puissance de la tempête.
    Photo: Chip Somodevilla Getty images / Agence France-Presse Dans le sillage d’«Irma», les gravats accumulés témoignent de la puissance de la tempête.

    Trois jours après le passage d’Irma, le manque d’électricité avait des conséquences dramatiques en Floride où six personnes âgées sont mortes, des décès imputés à l’absence d’air conditionné dans leur maison de retraite, selon les autorités locales.

     

    Avec le retour du ciel bleu, le « Sunshine State » est accablé par des températures humides et étouffantes de plus de 30 °C, alors que des millions de personnes sont toujours privées d’électricité, et souvent d’eau courante.

     

    La mort des six pensionnaires d’une maison de retraite, à Hollywood, au nord de Miami, peut s’expliquer par l’absence d’électricité et d’air conditionné, selon le chef de la police locale cité par CNN.

     

    Si ces décès sont officiellement ajoutés par les autorités au nombre de victimes d’Irma, le bilan provisoire s’élèvera à 18 morts en Floride et près de 40 morts dans les Caraïbes.

     

    « Cette situation est inimaginable », a tonné le gouverneur de Floride, Rick Scott, qui exige « des réponses sur la façon dont cette tragédie a pu se produire ».

     

    « Je demande à tous les services d’urgence de vérifier immédiatement […] que les maisons de retraite et établissement pour personnes dépendantes sont capables d’assurer la sécurité de leurs résidents », a-t-il déclaré dans un communiqué.

     

    Plus de quatre millions de foyers et entreprises étaient toujours sans électricité mercredi en Floride, un État où vit un grand nombre de retraités.

     

    Changement climatique
     

    Partout dans le sillage d’Irma, jusqu’en Géorgie et en Caroline du Sud, autorités et résidents s’attelaient à dégager les gravats accumulés sur les routes, dans les rues et les propriétés.

     

    « Le plus dur c’est de ne plus avoir ni eau, ni électricité. Et ne pas savoir quand ça va revenir », a confié à l’AFP, Stasia Walsh, une septuagénaire dont le lotissement dans la cité balnéaire de Naples a été sérieusement endommagé par Irma.

     

    Plus au sud, la réouverture mercredi de la route vers Key West a permis aux évacués de commencer à retourner dans l’archipel des Keys, où 85 % des habitations sont détruites ou endommagées selon l’agence fédérale de secours (Fema).

     

    « Cela va prendre des mois, peut-être des années, pour nettoyer tout ça », a prédit Bryan Holley, un résident interrogé par la chaîne NBC.

     

    Mercredi, l’aéroport de Miami, la grande métropole de Floride qui a échappé dimanche au coeur de l’ouragan, ne fonctionnait encore qu’à 50 % de ses capacités.

     

    Comme souvent aux États-Unis après les catastrophes, plusieurs dizaines de célébrités ont participé mardi soir à un téléthon destiné aux victimes des ouragans Harvey et Irma, permettant de lever 44 millions de dollars.

     

    Ce téléthon auquel participaient le chanteur Justin Bieber, les acteurs George Clooney, Robert de Niro ou Julia Roberts a aussi donné lieu à quelques diatribes contre le président Donald Trump et son refus de reconnaître la réalité du changement climatique.

     

    « Quiconque croit que le réchauffement climatique n’existe pas doit être aveugle ou idiot », a lancé chanteur Stevie Wonder qui est non-voyant, avec une pointe d’ironie.

     

    « Les effets du changement climatique se manifestent dans le monde entier tous les jours », a abondé la chanteuse Beyoncé, dans un message vidéo.

     

    Donald Trump est attendu jeudi en Floride pour constater les dégâts. Dans une allusion à son grand chantier politique du moment, le président américain a estimé mercredi sur Twitter que les « dévastations d’Irma et de Harvey » rendaient « les baisses d’impôts et les réformes fiscales encore plus nécessaires ».

     

    Saison touristique « foutue »
     

    Dans les Caraïbes, après Saint-Martin, le président français Emmanuel Macron s’est rendu mercredi au chevet de Saint-Barthélemy pour défendre l’action de son gouvernement et assurer de sa priorité d’un « retour à la normale » pour les deux îles antillaises ravagées par l’ouragan Irma.

     

    Le chef de l’État a notamment annoncé un mécanisme d’aide financière d’urgence, mis en place « d’ici lundi prochain », pour les sinistrés « qui ont tout perdu » et les habitants au chômage technique.

     

    La première ministre Theresa May qui fait face aux mêmes critiques sur la réaction des autorités britanniques a annoncé mercredi une enveloppe supplémentaire de 25 millions de livres en faveur des territoires britanniques aux Caraïbes, dévastés par Irma.

     

    L’avenir économique s’annonce sombre pour ces îles dédiées au tourisme.

     

    « Pour la saison touristique qui arrive, c’est foutu », a confié Paco Benito, directeur de l’hôtel Riu Palace, à Anse Marcel, au nord de l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin.

     

    « Tous les magasins, les entreprises sont sinistrés, cassés, éventrés. C’est comme si une bombe était tombée sur Saint-Martin. Là, on est juste en phase de nettoyage, mais ça va prendre du temps », a renchéri Maggy Gumbs, directrice de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Martin.

     

     













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