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    Attaque à Charlottesville

    «Le racisme, c’est le mal»

    Trump sort de son silence et dénonce les «violences racistes» en Virginie

    15 août 2017 | États-Unis
    Sébastien Blanc - Agence France-Presse à Washington
    Jérôme Cartillier - Agence France-Presse
    Des rassemblements en mémoire de la femme décédée après l’attaque ont eu lieu aux États-Unis dimanche, comme ici à Chicago.
    Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Des rassemblements en mémoire de la femme décédée après l’attaque ont eu lieu aux États-Unis dimanche, comme ici à Chicago.

    Vivement critiqué pour ses atermoiements et son silence après les violences qui ont secoué samedi la petite ville de Charlottesville, en Virginie, le président Trump a changé de ton lundi, dénonçant des « violences racistes » et montrant du doigt les suprémacistes blancs.

     

    « Le racisme, c’est le mal », a lancé le président américain lors d’une brève allocution depuis la Maison-Blanche.

     

    « Ceux qui ont recours à la violence en son nom sont des criminels et des voyous, y compris le KKK, les néonazis et les suprémacistes blancs […] qui sont à l’opposé de tout ce qui nous est cher en tant qu’Américains », a-t-il encore dit.

     

    Ces propos tranchaient singulièrement avec ses premières déclarations d’il y a deux jours, lorsqu’il avait refusé de condamner les groupuscules dont est issu le militant néofasciste qui a projeté sa voiture contre des manifestants antiracistes en Virginie. Cette ambiguïté avait provoqué une vague d’indignation, y compris au sein de son propre camp républicain.

    Quelle que soit la couleur de notre peau, nous vivons tous avec les mêmes lois, nous saluons le même drapeau
    Le président américain Donald Trump
     

    « Ceux qui ont agi de manière criminelle lors des violences racistes de ce week-end devront répondre de leurs actes devant la loi, justice sera rendue », a affirmé M. Trump, après avoir rencontré son ministre de la Justice, Jeff Sessions, et son nouveau chef du FBI, Christopher Wray.

     

    « Quelle que soit la couleur de notre peau, nous vivons tous avec les mêmes lois, nous saluons le même drapeau », a-t-il martelé.

     

    Trop peu, trop tard

     

    Mais ses propos n’ont pas apaisé les critiques de ses détracteurs. Plusieurs élus ont estimé qu’ils étaient bienvenus, mais ont regretté qu’ils interviennent si tard.

     

    À New York, où M. Trump était attendu dans la soirée, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés devant la Trump Tower.

     

    « Trump le raciste doit partir », scandaient certains d’entre eux. « Pas de Trump, pas de KKK, pas d’États-Unis fascistes », chantait également avec d’autres manifestants Ryan Egan, musicien de 28 ans. « L’amour, pas la haine. C’est ce qui fait la grandeur de l’Amérique. »

     

    Venant d’un dirigeant que l’on sait prompt à réagir sur Twitter et qui se targue d’appeler un chat un chat, sa réticence initiale à désapprouver nommément ces militants xénophobes avait suscité un véritable malaise à travers les États-Unis.

     

    Une femme de 32 ans a été tuée à Charlottesville quand un sympathisant néonazi, James Fields, a intentionnellement percuté avec son véhicule des contre-manifestants. Un juge a maintenu lundi sa détention pour une durée indéterminée. Le drame a également fait 19 blessés.

     

    Des critiques groupées

     

    M. Trump, qui à de multiples reprises a reproché à son prédécesseur à la Maison-Blanche, Barack Obama, son laxisme présumé contre le « terrorisme » et son refus de prononcer les mots « islam radical », faisait face à des demandes émanant des démocrates comme des républicains de parler ici de « terrorisme intérieur ».

     

    Une partie de la droite alternative, ou « Alt Right », a soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison-Blanche, et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

     

    Nombre d’observateurs rappellent aussi que le magnat de l’immobilier a pendant des années soutenu une théorie du complot sur le lieu de naissance de Barack Obama, avant de virer de bord durant la campagne.

     

    En dépit de ce changement de pied soudain, cet épisode de Charlottesville pourrait marquer durablement la présidence de Donald Trump.

     

    Kenneth Frazier, le p.-d.g. du géant américain de la pharmacie Merck, a annoncé lundi qu’il démissionnait de ses fonctions de conseiller économique de la Maison-Blanche.

     

    « Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les manifestations de haine, de sectarisme et toute revendication de suprématie qui nient l’idéal américain voulant que tous les hommes ont été créés égaux », a indiqué M. Frazier, qui est noir.

     

    Là, M. Trump n’a pas gardé le silence longtemps. M. Frazier « aura plus de temps pour se consacrer à réduire les prix totalement abusifs des médicaments », a immédiatement réagi le président américain dans un tweet.

     

    De son côté, la NAACP, grande organisation de défense des Afro-Américains, a affirmé que l’extrême droite américaine « applaudi [ssait] les déclarations » de Trump après les violences de Charlottesville.

     

    De façon probablement opportuniste, les autorités judiciaires américaines ont annoncé lundi avoir bouclé une vaste investigation sur des gangs racistes actifs dans les prisons du Texas.

    Un homme accusé de vouloir commettre un attentat à Oklahoma City arrêté

    Les autorités américaines ont annoncé lundi l’arrestation d’un homme qui voulait faire exploser une bombe à Oklahoma City, ville déjà frappée par un attentat en 1995 perpétré par un suprémaciste blanc, qui avait fait 168 morts.

     

    Jerry Varnell, 23 ans, a été arrêté samedi après avoir essayé de déclencher ce qu’il pensait être une bombe chargée de nitrate d’ammonium — comme Timothy McVeigh en 1995 — devant une banque dans le centre de la ville, selon la plainte déposée devant un tribunal d’Oklahoma City.

     

    Jerry Varnell a dit à un agent du FBI sous couverture qu’il voulait s’en prendre au gouvernement fédéral, son objectif initial étant le siège de la banque centrale américaine à Washington, à quelques rues de la Maison-Blanche.

     

    Il a également pensé à cibler des centres de données de Facebook ou du fisc américain (IRS) avant que son choix ne se porte sur cette banque située à 210 km de chez lui, dans l’Oklahoma.

     

    « Je pense que je vais utiliser ce que le poseur de bombes d’OKC a utilisé », aurait dit Jerry Varnell à l’agent du FBI en message crypté.

     

    « Ce qui s’est passé à Oklahoma City n’était pas une attaque contre les États-Unis, c’était des représailles. L’heure de la révolution est arrivée », a-t-il également proclamé.













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