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    Fragilisé, Trump entreprend un voyage périlleux

    20 mai 2017 | Jérôme Cartillier - Agence France-Presse à Ryad | États-Unis
    L’envergure de ce voyage est conforme à la devise «Go big or go home» (fonce ou rentre chez toi), mais donne des palpitations à certains membres de l’exécutif.
    Photo: Alex Brandon Associated Press L’envergure de ce voyage est conforme à la devise «Go big or go home» (fonce ou rentre chez toi), mais donne des palpitations à certains membres de l’exécutif.

    Le président américain Donald Trump a débuté samedi en Arabie saoudite, où il doit prononcer un discours attendu sur l’islam, son premier déplacement à l’étranger, espérant un répit après une semaine de révélations accablantes à Washington.

    L’arrivée en grande pompe de M. Trump à Ryad a contrasté avec l’accueil plutôt glacial qu’avait reçu il y a un an l’ex-président Barack Obama, critiqué pour avoir amorcé un début de rapprochement avec l’Iran, grand rival de l’Arabie.

    Air Force One a atterri peu avant 10 h (heures locales) dans la capitale saoudienne où M. Trump, accompagné de son épouse Melania, a été accueilli chaleureusement par le roi Salmane sur le tapis rouge.

    Le président est apparu détendu, alors qu’à Washington, de nouveaux développements sur l’enquête russe venaient d’être révélés. Facteur d’inquiétude supplémentaire pour la Maison-Blanche : le Sénat a annoncé que l’ex-chef du FBI James Comey, silencieux depuis son limogeage brutal il y a dix jours, avait accepté de témoigner.

    Le roi Salmane a serré la main à M. Trump, ainsi qu’à son épouse Melania qui était habillée sobrement d’un pantalon ample à taille haute et d’une chemise à manches longues de couleur noire, avec une large ceinture dorée. Ses cheveux étaient au vent.

    Le souverain saoudien de 81 ans, qui tenait une canne, a ensuite accompagné le couple présidentiel au salon d’honneur de l’aéroport où il a pris place entre M. Trump et son épouse.

    La fille aînée du président, Ivanka et son époux Jared Kushner font partie de la délégation américaine.

    Ryad était pavoisée de drapeaux saoudiens et américains. Les rues, quasiment désertes, étaient également ornées de photos montrant le roi et M. Trump avec un slogan « Ensemble, nous triomphons ».

    « Nouveau partenariat »

    Si ses prédécesseurs réservaient traditionnellement leur premier déplacement à leur voisin direct — Mexique ou Canada —, l’ex-magnat de l’immobilier a choisi la monarchie pétrolière saoudienne, première étape d’un long périple qui s’achèvera en Europe.

    La méfiance des pays sunnites du Golfe vis-à-vis de M. Obama était notoire. À l’instar d’Israël, l’Arabie saoudite et ses alliés avaient salué haut et fort l’élection de M. Trump.

    Le roi Salmane a appelé à « un nouveau partenariat » entre les États-Unis et les pays musulmans, dont nombre de dirigeants seront présents dimanche à Ryad.

    « Il aura un message plus dur sur l’Iran [le grand rival chiite], il ne leur fera pas la leçon sur la démocratie et les droits de l’Homme et il sera applaudi », résume Philip Gordon, du Council on Foreign Relations. « Mais la véritable question est de savoir ce qu’il leur demandera et ce qu’il peut espérer obtenir ».

    La Maison-Blanche appelle de ses vœux une implication plus forte des pays du Golfe dans la lutte contre ceux que Donald Trump qualifie de « terroristes islamiques radicaux ».

    Dimanche, le président américain prononcera à Ryad devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans un discours soulignant ses « espoirs » pour une « vision pacifique » de l’islam.

    « J’exprimerai la position du peuple américain de manière franche et claire », a promis M. Trump dans son allocution hebdomadaire diffusée vendredi soir.

    Il y a huit ans, son prédécesseur Barack Obama avait, depuis Le Caire, appelé à un « nouveau départ » entre les États-Unis et les musulmans à travers le monde, « un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel ».

    La visite de M. Trump devrait aussi donner lieu à des annonces de contrats d’armement chargés de promesse pour l’industrie américaine.

    « L’énorme point d’interrogation à garder en tête si l’Arabie saoudite signe des contrats pour un total de 100 milliards de dollars, est de savoir comment ils pourront régler la facture, avec les prix actuels du pétrole », tempère Bruce Riedel, ancien de la CIA aujourd’hui analyste à la Brookings Institution.

    Vendredi soir, la défense aérienne saoudienne a annoncé avoir « intercepté » à 180 km au sud-ouest de Ryad un missile tiré par les rebelles Houthis depuis le Yémen voisin, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans.

    Tweets matinaux ?

    Malgré cet incident, l’Arabie saoudite, où Donald Trump passera deux jours, pourrait en définitive être l’étape la plus aisée du voyage du nouveau locataire de la Maison-Blanche, qui peine à prendre ses marques.

    Son périple le mènera en Israël, dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’OTAN et du G7 où les alliés européens de Washington seront en quête d’engagements clairs.

    Au-delà de ses orientations diplomatiques, le comportement de l’exubérant président septuagénaire sera observé à la loupe.

    Durant ses huit jours loin des États-Unis, partagera-t-il chaque matin sur Twitter ses exaspérations, comme il a pris l’habitude de le faire depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier ?

    Son équipe, secouée par une séquence tumultueuse qui a poussé certains élus républicains à exprimer leurs réserves, s’efforce pour l’heure de mettre en avant la dimension « historique » de ce déplacement au cours duquel le 45e président américain ira à la rencontre des trois grandes religions monothéistes.


    L’ex-chef du FBI accepte de témoigner publiquement au Sénat Washington — L’ex-directeur du FBI James Comey, limogé il y a dix jours par Donald Trump, a accepté d’être entendu lors d’une audition publique au Sénat américain en juin, ont annoncé vendredi les chefs républicain et démocrate de la commission du Renseignement.

    Le renvoi de James Comey le 9 mai alors que ses services enquêtaient sur les liens possibles entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou avait secoué Washington, les répliques de cette décision rarissime pour un président américain continuant d’agiter la Maison-Blanche.

    Depuis, l’ex-chef du FBI est resté silencieux. Potentiellement explosive, son audition publique aura lieu après le dernier week-end de mai, ont-ils précisé dans un communiqué commun, publié quelques heures après le départ de Donald Trump pour son premier voyage à l’étranger.

    « J’espère que le témoignage de l’ancien directeur Comey permettra de répondre à certaines des questions soulevées depuis qu’il a été soudainement renvoyé par le président » républicain, a déclaré le sénateur démocrate Mark Warner, numéro 2 de la commission du Renseignement.

    « Le directeur Comey a servi son pays honorablement pendant de nombreuses années et il mérite de pouvoir raconter sa version de l’histoire. De plus, les Américains méritent de l’entendre », a-t-il poursuivi, cité dans le communiqué.

    « J’espère qu’il éclaircira aux yeux des Américains les événements récents qui ont été largement rapportés par les médias », a ajouté le président de la commission, le républicain Richard Burr, précisant que ses membres avaient « hâte » d’entendre ce que James Comey a à dire sur les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, sur lesquelles enquête le FBI.












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