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    États-Unis

    Les liens Trump-Moscou font l’objet d’une enquête

    Le FBI confirme enquêter depuis juillet

    Le directeur du FBI James Comey devant le Congrès
    Photo: J. Scott Applewhite Associated Press Le directeur du FBI James Comey devant le Congrès

    Double rebuffade pour Donald Trump. Dans une rare apparition devant le Congrès, le directeur du FBI a confirmé lundi qu’une enquête était en cours au sujet d’une possible collusion entre l’équipe de campagne du républicain et les autorités russes, en plus de rejeter du revers de la main les accusations du président voulant que son téléphone ait été mis sur écoute par Barack Obama.

     

    « Le FBI enquête sur la nature de tout lien entre des individus associés à l’équipe de campagne de Trump et le gouvernement russe, et sur toute coordination entre l’équipe de campagne et les efforts de la Russie », a dit James Comey devant la Commission du renseignement de la Chambre des représentants.

     

    Le FBI ne révèle publiquement les enquêtes qu’il mène qu’en de rares circonstances, lorsque l’intérêt public le commande. Or, le directeur de l’institution chargée entre autres du renseignement intérieur a déclaré que la situation actuelle le justifiait.

     

    En confirmant l’existence de l’enquête — que des médias américains avaient éventée en janvier dernier —, M. Comey a précisé qu’elle avait été enclenchée en juillet dernier.

     

    La Maison-Blanche a toujours nié ces allégations de collusion. Tôt lundi matin, Donald Trump affirmait encore sur Twitter que « les démocrates ont inventé et alimenté l’histoire russe comme excuse pour avoir mené une terrible campagne ».

     

    Ne pouvant divulguer publiquement les détails de l’enquête en cours, James Comey s’est retenu de citer des noms et de révéler des informations sur la teneur des liens entre les proches de Trump et les Russes, laissant ainsi de nombreuses questions sans réponse.

     

    Ce que l’on sait

     

    Depuis janvier, il existe un consensus au sein de la communauté du renseignement américain selon lequel le président russe, Vladimir Poutine, avait commandé personnellement une campagne clandestine pour nuire à la candidature de Hillary Clinton et donner un coup de pouce à son adversaire républicain. Parmi les mesures mises en avant : le piratage et la divulgation via le site WikiLeaks de courriels embarrassants pour le camp démocrate.

     

    Dans le camp du magnat de l’immobilier, les liens qu’ont entretenus avec la Russie certains conseillers font également peu de doute. C’est notamment le cas de Paul Manafort, qui fut directeur de campagne de Trump pendant quelques mois, ou encore de Michael Flynn, forcé de démissionner après seulement quelques semaines en tant que conseiller à la sécurité nationale.

     

    Or, la question demeure à savoir si des membres de l’équipe de Trump ont coordonné leurs efforts avec ceux de la Russie pendant la campagne électorale.

     

    Deuxième fois

     

    Ironie du sort, c’est le gouvernement de Donald Trump qui se retrouve dans la mire des enquêteurs, alors que le candidat républicain répétait durant la campagne électorale qu’une Hillary Clinton élue présidente serait engluée dans des enquêtes en raison de l’utilisation inappropriée de son serveur privé de courriels lorsqu’elle était secrétaire d’État.

     

    Rappelons que le FBI avait mené une enquête sur cette affaire, pour finalement exonérer Mme Clinton en juillet. Mais le directeur du « Bureau » avait décidé de rouvrir l’enquête deux semaines avant la présidentielle du 8 novembre, suscitant l’ire du camp démocrate. C’est donc la deuxième fois en quelques mois que le directeur du FBI se retrouve au milieu de la scène dans un contexte politique surchauffé.

     

    L’enquête sur le camp de Donald Trump pourrait être longue. Comme le soulignait lundi le New York Times, ce type d’enquête est parmi les plus ardues et longues que le FBI puisse mener, pouvant ainsi laisser planer pendant des années le spectre d’un verdict incriminant sur le gouvernement Trump. Le directeur du FBI a en effet souligné que ses agents mèneraient l’enquête « aussi longtemps qu’il le faudrait ».

     

    Cela jouera-t-il grandement contre le président républicain ? « C’est une demi-victoirepour les démocrates, répond Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. Ils sont bien sûr heureux d’apprendre qu’il y a enquête, mais cela deviendra plus difficile pour eux d’exiger une commission d’enquête publique : on pourra leur répondre que le FBI doit faire son travail. Bref, ça risque de sortir de l’espace public. »

     

    « En plus, comme l’enquête promet d’être longue, la question pourrait être oubliée au fil du temps », conclut M. Gagnon, ajoutant que Donald Trump est « un maître de la diversion », comme il l’a démontré il y a deux semaines en accusant Barack Obama sur Twitter d’avoir mis la ligne téléphonique de la Trump Tower sous écoute lors de la campagne électorale.

     

    Pas d’écoute

     

    À ce sujet, le directeur du FBI a déclaré lundi que « le département [de la Justice] ne dispose d’aucune information soutenant ces tweets ». Le directeur de la National Security Agency, Mike Rogers, qui était à ses côtés, a renchéri en affirmant qu’il n’avait rien vu au sein de l’agence qui démontre cela ni qu’une telle action avait été commandée.













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