Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    L’Iran refuse toute modification de l’accord nucléaire

    13 janvier 2018 17h15 | Eric Randolph - Agence France-Presse à Téhéran | Actualités internationales
    Photo: Joe Klamar Agence France-Presse
    L’Iran a réaffirmé samedi son refus de toute modification de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances, en réaction à l’ultimatum du président américain Donald Trump qui a exigé un durcissement des conditions de cet accord.

    Son allié russe a estimé pour sa part qu’en sortant de l’accord historique sur le nucléaire conclu en 2015 à Vienne entre le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et l’Iran, Washington ferait un « très mauvais calcul ». 

    Le président américain a confirmé vendredi la suspension des sanctions économiques contre l’Iran, levées dans le cadre de l’accord, mais la Maison-Blanche a prévenu qu’il s’agit « de la dernière suspension qu’il allait signer ».

    Il a par ailleurs lancé un ultimatum aux Européens afin qu’ils l’aident à durcir les termes de l’accord s’ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.

    « La République islamique d’Iran [...] ne prendra aucune mesure au-delà de ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire », a affirmé dans un communiqué le ministère iranien des Affaires étrangères, répétant que Téhéran refusait de « renégocier » cet accord.

    Elle « n’acceptera aucune modification de cet accord, ni aujourd’hui ni dans l’avenir, et ne permettra pas de lier l’accord nucléaire à d’autres questions », a-t-il ajouté.

    Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait accusé vendredi le président Trump de chercher « désespérément » à saboter l’accord nucléaire, qui prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales imposées à l’Iran en échange de la garantie que Téhéran ne se dotera pas de l’arme atomique. 
    Macron rappelle le «nécessaire respect» de l’accord

    Le président français, Emmanuel Macron, a rappelé samedi, dans un entretien téléphonique avec le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, le « nécessaire respect par toutes les parties » de l’accord sur le nucléaire iranien, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.


    L’Élysée a ajouté que les deux hommes avaient également « indiqué la nécessité de travailler sur le volet balistique et sur les activités régionales de l’Iran, comme la France l’a proposé depuis septembre 2017 ».


    Rendant compte de cette conversation plus tôt dans la soirée, Israël avait indiqué que M. Nétanyahou avait exhorté M. Macron à « revoir » cet accord.


    Cet appel est intervenu au lendemain d’un ultimatum lancé par le président américain Donald Trump aux Européens pour durcir dans les prochains mois les termes de l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, s’ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.


    «Dernière chance»

    « C’est la dernière chance », a lancé Donald Trump dans un communiqué, exigeant un « accord » avec les Européens pour « remédier aux terribles lacunes » du texte, dont il est un grand pourfendeur alors que tous les autres signataires le défendent mordicus.

    « En l’absence d’un tel accord » avec les Européens, les États-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien et se retireront « immédiatement » du pacte conclu en 2015, a-t-il prévenu. 

    L’ultimatum américain laisse 120 jours, jusqu’à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens sur « un accord de suivi » visant à durcir les conditions du texte initial, a expliqué un haut responsable de l’administration américaine. 

    Donald Trump juge que l’accord conclu par l’administration de son prédécesseur démocrate Barack Obama a notamment mené la communauté internationale à fermer les yeux sur l’action « déstabilisatrice » de l’Iran au Moyen-Orient.

    Dans les rues de Téhéran, des Iraniens ne cachaient pas leur lassitude des pressions constantes des États-Unis. 

    « Cela ne fait aucune différence. Cela fait 40 ans qu’on vit sous les sanctions américaines », a déclaré à l’AFP Farshad Alyan, un étudiant en droit de 26 ans. 

    En 2015, « quand le JCPOA (nom officiel de l’accord) a été signé, nous étions plein d’espoir. Nous n’en avons plus du tout aujourd’hui », a-t-il ajouté.

    Des sanctions dénoncées 

    Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé le président américain de « poursuivre ses actions hostiles contre le peuple iranien comme il le fait depuis un an ». Il a en outre dénoncé les nouvelles sanctions américaines contre des ressortissants iraniens.

    Le ministère prévient notamment que l’Iran répondra par une « action sérieuse » à la décision de l’administration américaine d’ajouter le nom de l’ayatollah Sadegh Larijani, chef de l’autorité judiciaire de l’Iran, sur la liste de ces sanctions ciblées — non liées au programme nucléaire — adoptées vendredi par le Trésor américain.

    Réunis jeudi à Bruxelles, les Européens avaient de nouveau fait bloc autour de l’accord de Vienne, rappelant que l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement son respect par Téhéran.

    Comme eux, Moscou voit d’un mauvais œil une remise en cause de l’accord.

    « Nous arrivons peu à peu à la conclusion qu’une décision interne a déjà été prise par les États-Unis de sortir [de l’accord] ou qu’ils sont proches de la prendre », a déclaré samedi le ministre adjoint des Affaires étrangères russes, Sergei Ryabkov, à l’agence Interfax.

    « Cela pourrait être [...] un très mauvais calcul », a ajouté le diplomate qui a appelé à « un intense travail » entre Moscou, Pékin et les Européens pour sauver le texte. 












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.