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    La rue ne décolère pas en Tunisie

    Des affrontements entre certains manifestants tunisiens et les forces de l'ordre ont éclaté dans le district de Djebel Lahmer, à Tunis, mardi.
    Photo: Sofiene Hamdaoui Agence France-Presse Des affrontements entre certains manifestants tunisiens et les forces de l'ordre ont éclaté dans le district de Djebel Lahmer, à Tunis, mardi.

    Tunis — Quelque 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines de policiers blessés lors d’une nouvelle nuit de troubles dans plusieurs villes de Tunisie, alimentés par une grogne sociale persistante et des mesures d’austérité.

     

    Après une journée calme mercredi dans ce pays, point de départ du Printemps arabe, des manifestants sont à nouveau descendus dans la soirée dans les rues de Tebourba, à 30 km à l’ouest de la capitale Tunis, selon des habitants.

     

    Sept ans après une révolution qui réclamait travail et dignité et qui avait fait tomber le dictateur Zine al-Abidine Ben Ali, des manifestations pacifiques sporadiques ont éclaté la semaine dernière en Tunisie contre la hausse des prix et un budget d’austérité entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant entre autres des augmentations d’impôt.

     

    La contestation a dégénéré en émeutes lundi soir, notamment à Tunis et à Tebourba où des heurts ont éclaté après la mort d’un homme durant une manifestation.

     

    Lors d’une visite mercredi à el-Battan, près de Tebourba, le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a condamné les actes de « vandalisme » qui selon lui « servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l’État ». Il a montré du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

     

    Dans la nuit de mardi à mercredi, 49 policiers ont été blessés, 206 personnes arrêtées et des fourrières ont été attaquées lors des troubles, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khlifa Chibani en accusant des casseurs d’avoir été payés par des meneurs politiques.

     

    À Sidi Bouzid, ville défavorisée du centre d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début du Printemps arabe, des jeunes ont coupé des routes, jeté des pierres, et la police a répliqué à coups de gaz lacrymogènes, selon un correspondant de l’AFP sur place.

     

    « Il y a des actes de pillage et de vol, mais aussi un message politique de la part d’un pan de la population qui n’a plus rien à perdre », estime le politologue Selim Kharrat, soulignant que nombre de symboles de l’État ont été pris pour cible.

     

    Pour la politologue Olfa Lamloum, « la nouvelle loi de finances est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

     

    « Les jeunes sont déçus par rapport à la révolution, surtout à cause de la cherté de la vie », dit-elle, soulignant « l’approfondissement des inégalités sociales mis en évidence par les statistiques officielles » — hausse du taux de pauvreté, du chômage et de l’illettrisme chez les jeunes, notamment.













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