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    Les Bangladais solidaires envers les Rohingyas, malgré la pauvreté

    12 septembre 2017 | Actualités internationales
    Nick Perry - Associated Press à Teknaf
    Sam Jahan - Agence France-Presse
    <p>Face à cet afflux qui submerge les capacités d’accueil de cette nation pauvre d’Asie du Sud à majorité musulmane, des citoyens du Bangladesh s’impliquent spontanément pour porter secours aux cohortes de désespérés.</p>
    Photo: Adib Chowdhury Agence France-Presse

    Face à cet afflux qui submerge les capacités d’accueil de cette nation pauvre d’Asie du Sud à majorité musulmane, des citoyens du Bangladesh s’impliquent spontanément pour porter secours aux cohortes de désespérés.

    Ses vacances scolaires, le jeune Sajeed Hassan les passe cette année dans une cuisine caritative qui nourrit les réfugiés rohingyas, rejoignant des Bangladais ordinaires qui apportent leur petite aide dans cette crise humanitaire.

     

    « Ils sont musulmans et ils viennent d’un autre pays, voilà pourquoi nous les aidons », explique le garçon de 12 ans au kiosque de distribution de nourriture installé devant l’habitation de son oncle dans la ville frontalière de Teknaf, à la pointe sud-est du Bangladesh.

     

    À pied ou par bateau, exténués, affamés, parfois malades ou blessés, environ 370 000 Rohingyas ont depuis fin août gagné le Bangladesh au péril de leur vie pour fuir un nouveau cycle de violences dans l’ouest du Myanmar.

     

    Cette marée humaine, d’une amplitude sans précédent pour ce conflit, est venue grossir les rangs d’au moins 300 000 membres de cette communauté persécutée qui croupissaient déjà dans les camps de réfugiés miséreux du pays, legs de vagues de violences précédentes.

     

    Face à cet afflux qui submerge les capacités d’accueil de cette nation pauvre d’Asie du Sud à majorité musulmane, des citoyens du Bangladesh s’impliquent spontanément pour porter secours aux cohortes de désespérés.

     

    Au centre de distribution dans le jardin de l’oncle d’Hassan, une dizaine de volontaires — certains des Rohingyas venus quêter, mais restés pour donner un coup de main — emballent des plats chauds de riz et de lentilles et remuent des marmites fumantes.

     

    Les réfugiés « viennent de loin, et ils souffrent », dit à l’AFP le jeune Hassan.

     

    Sur un marché congestionné près du camp de réfugiés de Kutupalong, des enfants martèlent les vitres des voitures qui passent pour mendier un peu de nourriture. Ici, les locaux font du mieux qu’ils peuvent avec leurs maigres ressources.

     

    « Parfois, [les Rohingyas] viennent à mon restaurant, mangent, et ensuite nous disent qu’ils n’ont pas d’argent », raconte Abdul Khalek, qui tient un étal de rue. « Mais ça ne me dérange pas. C’est un devoir d’un frère musulman envers un autre d’aider dans la détresse. »

     

    Un fardeau supplémentaire pour le Bangladesh

     

    Dans cette partie du sud du Bangladesh, la cause des Rohingyas touche une corde sensible. Cette minorité musulmane persécutée au Myanmar est historiquement liée avec la région de Chittagong, dont elle parle un dialecte proche.

     

    Les images présentées comme montrant des exactions de l’armée myanmaraise contre les Rohingyas sont largement partagées sur les réseaux sociaux bangladais, où elles suscitent un élan d’émotion et de solidarité comme dans d’autres pays du monde musulman.

     

    Cet afflux de réfugiés est un fardeau supplémentaire pour le Bangladesh, régulièrement frappé par des catastrophes naturelles et qui a vu ces dernières années une série d’assassinats et attaques djihadistes.

     

    Après trois semaines de crise humanitaire, la patience des habitants de la région de Cox’s Bazar est mise à rude épreuve.

     

    Les prix des denrées alimentaires se sont envolés sur les marchés locaux où s’installent des trafics et où les mendiants se multiplient.

     

    Kuilla Mia, un vendeur de thé posté à un coin de rue où passent des flux chaotiques de réfugiés, se désole de ne rien pouvoir faire. « J’aimerais leur donner une réduction, mais je ne peux pas, car le prix du sucre est haut », confie-t-il à l’AFP.

     

    La nouvelle flambée de violences dans l’État Rakhine, au Myanmar, a commencé fin août avec des attaques de rebelles rohingyas contre la police myanmaraise, qui ont déclenché une répression de l’armée.

     

    Considérés comme des étrangers au sein d’un Myanmar à plus de 90 % bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans ce pays depuis des générations.

     

    Le Bangladesh les considère comme des citoyens myanmaraiss et appelle à leur retour sur leur « terre ancestrale », où le Myanmar les voit comme des immigrés illégaux.

     

    Vendeur de lentilles, Mohammad Hussain a donné ce qu’il pouvait, mais estime que la charge est trop lourde pour pouvoir être supportée par son seul pays : « Si de l’aide ne vient pas de l’étranger, ces gens seront en grave danger. »













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