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    La Chine et les États-Unis prêts à travailler à un rapprochement

    20 mars 2017 | Dan Martin - Agence France-Presse à Pékin | Actualités internationales
    Le président chinois Xi Jinping et le secrétaire d’État américain Rex Tillerson
    Photo: Thomas Peter Agence France-Presse Le président chinois Xi Jinping et le secrétaire d’État américain Rex Tillerson

    Le président chinois, Xi Jinping, et le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, se sont engagés, dimanche à Pékin, à travailler pour renforcer leurs relations, peu après une nouvelle provocation de Pyongyang.

     

    M. Xi a rencontré le chef de la diplomatie américaine quelques heures après l’annonce du test d’un nouveau moteur de fusée par la Corée du Nord, qui cherche à se doter de missiles intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire jusque sur le sol américain. Ce test avait visiblement été programmé pour coïncider avec l’arrivée à Pékin, samedi, de M. Tillerson.

     

    On ignore si M. Xi et M. Tillerson ont directement évoqué la Corée du Nord. Le président chinois a en tout cas parlé de sa conversation téléphonique le mois dernier avec Donald Trump, au cours de laquelle le président américain s’était engagé à ne pas entretenir de relations officielles avec le gouvernement taïwanais, contrairement à la menace qu’il avait laissée planer après son élection.

     

    « Lui comme moi pensons que nous devons faire des efforts conjoints pour faire progresser la coopération sino-américaine », a déclaré Xi Jinping. « Nous pensons que nous pouvons faire en sorte que la relation avance de façon constructive dans la nouvelle ère. Je suis certain que, tant que nous ferons cela, notre relation pourra certainement avancer dans la bonne direction. »

     

    Washington durcit le ton

     

    Avant Pékin, M. Tillerson avait fait étape à Tokyo et Séoul, où il avait insisté sur le fait que les États-Unis n’allaient plus suivre la politique de « patience stratégique » mise précédemment en oeuvre par Washington envers Pyongyang, une politique qui selon lui a échoué.

     

    Il avait aussi souligné qu’une opération militaire américaine était notamment « une option sur la table », des déclarations tranchant avec la politique de la Chine, un des rares soutiens du régime nord-coréens.

     

    La relation sino-américaine s’est récemment tendue du fait du déploiement, en Corée du Sud, d’un bouclier antimissile que Pékin voit comme une menace pour sa propre souveraineté.

     

    La Chine a en outre été l’une des cibles de M. Trump pendant sa campagne, le milliardaire accusant ce pays d’avoir « volé » des millions d’emplois aux États-Unis. Mais M. Tillerson a adopté à Pékin un ton beaucoup plus conciliant.

     

    « Nous savons que, par le dialogue, nous arriverons à une meilleure compréhension qui conduira à un renforcement des liens entre la Chine et les États-Unis et donnera le ton de notre future relation de coopération », a-t-il déclaré à son hôte qui venait de l’accueillir au Palais du peuple, face à la place Tiananmen.

    Nous savons que par le dialogue, nous arriverons à une meilleure compréhension qui conduira à un renforcement des liens entre la Chine et les États-Unis et donnera le ton de notre future relation de coopération
    Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson

    Plus tôt, l’agence nord-coréenne KCNA a parlé de « renaissance » en évoquant l’essai d’un moteur de fusée réalisé en présence du leader Kim Jong-un. « Le monde va bientôt réaliser la signification de la victoire historique que nous avons signée aujourd’hui », a souligné le chef du régime nord-coréen, cité par KCNA.
     

    « Le développement et la mise au point d’un moteur à haute poussée nouvelle génération vont aider à consolider les bases scientifiques et technologiques qui nous permettront d’atteindre le niveau mondial en matière de lanceurs de satellites et d’intervention dans l’espace », a affirmé par ailleurs KCNA.

     

    De nombreux experts considèrent le programme spatial nord-coréen comme une feuille de vigne cachant le programme nucléaire et balistique.

     

    Faire reculer Pyongyang

     

    Quelques heures avant sa rencontre avec Xi Jinping, Rex Tillerson avait affirmé que Pékin et Washington allaient « travailler ensemble pour voir si [ils pourraient] amener le gouvernement de Pyongyang à changer de position […] et s’écarter du développement d’armes nucléaires ».

     

    Le dernier test d’une fusée lanceuse de satellites par la Corée du Nord avait eu lieu en septembre 2016, test là aussi réalisé en la présence de Kim Jong-un. Le leader de Pyongyang avait alors plaidé pour que son pays « puisse disposer de satellites géostationnaires d’ici deux ans ».

     

    Plusieurs résolutions internationales interdisent à Pyongyang de poursuivre ses programmes nucléaires et balistiques. La Corée du Nord n’en a pas moins réalisé deux essais nucléaires l’an passé.

     

    On ignore dans l’immédiat si la visite de M. Tillerson a permis de faire avancer les négociations sur un possible sommet entre MM. Xi et Trump.

     

    Cette rencontre pourrait avoir lieu à Mar-a-Lago, en Floride, dans la luxueuse résidence secondaire du milliardaire républicain.













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