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    Trump veut ouvrir trois océans à l’exploration pétrolière

    Le plan américain est aussitôt dénoncé par des scientifiques, des environnementalistes et même au moins un gouverneur républicain

    Photo datant de 2013 qui montre une plateforme pétrolière de Shell dans la baie Kiliuda, en Alaska.
    Photo: James Brooks Associated Press Photo datant de 2013 qui montre une plateforme pétrolière de Shell dans la baie Kiliuda, en Alaska.

    Le gouvernement Trump a dévoilé jeudi un vaste plan visant à permettre les forages pétroliers et gaziers dans la quasi-totalité des eaux côtières américaines. Les océans Atlantique, Pacifique et Arctique sont visés par le projet, conçu pour favoriser l’exploitation en mer pendant plusieurs années, malgré les risques environnementaux.

     

    Le plan développé par la Maison-Blanche est en fait le plus ambitieux jamais présenté favorable à l’exploration pétrolière et gazière en milieu marin. Il doit notamment permettre aux entreprises de forer dans des zones jusqu’ici hors d’atteinte pour l’industrie des énergies fossiles, en raison des règles de protection en place depuis plusieurs années.

     

    Concrètement, près de 90 % des zones côtières faisant partie du plateau continental américain pourraient ainsi être ouvertes à l’attribution de permis d’exploration entre 2019 et 2024, dans le cadre de ce plan de cinq ans.

     

    À titre de comparaison, à l’heure actuelle, 94 % des zones côtières ne sont pas accessibles à l’industrie, a précisé jeudi le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke. « Le développement responsable de nos ressources énergétiques » est important « pour notre économie et notre sécurité énergétique, en plus de fournir des milliards de dollars pour financer la conservation de nos zones côtières, des terres publiques et des parcs », a ajouté cet ancien militaire et défenseur de l’industrie du charbon.

     

    Concurrence pétrolière

     

    Selon le gouvernement américain, la réalisation de multiples projets d’exploitation de pétrole et de gaz au large des côtes pourrait permettre aux États-Unis de « concurrencer » d’autres pays producteurs d’énergies fossiles au cours des prochaines décennies.

     

    Pour y parvenir, le gouvernement Trump compte autoriser les projets de recherche et d’exploitation de pétrole et de gaz le long de la côte est américaine, soit dans l’Atlantique. Il n’existe actuellement aucun permis en vigueur dans cette région, mais le projet prévoit neuf ventes de droits d’exploration, du Maine (aux limites des eaux canadiennes) à la Floride.

     

    Dans le Pacifique, sept ventes sont envisagées, essentiellement au large des côtes de la Californie, mais aussi plus au nord, aux limites des eaux canadiennes. Une douzaine de ventes sont aussi prévues dans le golfe du Mexique, en plus de 19 ventes dans la zone arctique. Dans ce dernier cas, des permis pourront aussi être accordés aux limites des eaux canadiennes, en plus de zones actuellement protégées.

     

     

    Inquiétudes

     

    L’ouverture massive des zones maritimes à l’exploration pétrolière soulève toutefois de vives inquiétudes, particulièrement depuis la tragédie survenue en 2010 dans le golfe du Mexique. L’exploration d’une plateforme d’exploration, Deepwater Horizon, y a provoqué la pire marée noire de l’histoire américaine.

     

    Le long de la côte atlantique, l’opposition pourrait provenir de certains gouverneurs. Le gouverneur républicain de la Floride, Rick Scott, a d’ailleurs souligné son opposition jeudi. « J’ai tout de suite demandé à rencontrer le secrétaire Zinke pour discuter des préoccupations soulevées par ce projet et de la nécessité de retirer la Floride de la liste », a-t-il indiqué dans un communiqué.

     

    Plusieurs scientifiques ont aussi déjà fait part de leurs inquiétudes pour la biodiversité, notamment en raison des risques de ces activités pour des espèces menacées, dont plusieurs espèces de cétacés. C’est le cas de la baleine noire, du rorqual bleu et de la baleine à bosse, qui voyagent le long de la côte chaque année pour rejoindre le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent.

     

    Une étude d’impact américaine a même déjà évalué à 138 000 le nombre d’organismes marins potentiellement menacés par les levés sismiques qui seront réalisés pour trouver de possibles gisements dans les eaux de l’Atlantique.

     

    Pour le Sierra Club, la décision de la Maison-Blanche se résume à une « vente » des communautés côtières, des eaux américaines et du climat à quelques « pollueurs industriels ».

     

    Entente rejetée

     

    Le projet annoncé jeudi était attendu depuis plusieurs mois. En avril dernier, le président Donald Trump avait en effet annoncé son intention de revoir le plan sur les forages en mer annoncé par son prédécesseur, Barack Obama.

     

    Avant de quitter la Maison-Blanche, ce dernier avait en effet conclu une entente avec le gouvernement de Justin Trudeau. En vertu de cette « déclaration commune », le Canada et les États-Unis avaient décidé d’imposer un moratoire d’au moins cinq ans pour l’octroi de nouveaux permis d’exploration sur une large portion de l’océan Arctique. Dans le cas des États-Unis, le moratoire s’appliquait sur une superficie de plus de 500 000 km2.

     

    Dans le communiqué de cette déclaration politique commune, on faisait valoir que les eaux arctiques « sont irremplaçables », qu’elles sont « essentielles » pour les communautés autochtones du Nord, que les écosystèmes nordiques sont très vulnérables aux déversements pétroliers et que toute intervention en cas d’accident serait très complexe.

     

    Avec le nouveau plan du gouvernement Trump, la quasi-totalité des eaux de l’Arctique américain sera accessible aux forages.













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