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    Travaux d’urgence sur un pipeline de 1952 dans la région de Montréal

    Le pipeline Trans-Nord transporte chaque jour 27,5 millions de litres de produits pétroliers.

    Carte du tracé du pipeline Trans-Nord dans la région de Montréal.
    Illustration: Le Devoir Carte du tracé du pipeline Trans-Nord dans la région de Montréal.

    L’entreprise Pipeline Trans-Nord est forcée de remplacer complètement une portion de son pipeline, en raison de l’érosion de la conduite vieille de 65 ans. Ce tuyau, qui traverse les territoires de Montréal et de Laval, a connu plusieurs incidents au cours des dernières années. L’Office national de l’énergie le juge néanmoins sécuritaire.

     

    Dans une lettre envoyée à une résidente touchée par les travaux à venir, l’entreprise prévient qu’elle doit impérativement remplacer une section de cette conduite construite en 1952. Celle-ci transporte principalement du kérosène, de l’essence et du diesel en direction de l’Ontario, à partir de l’Est de Montréal.

     

    Concrètement, Pipeline Trans-Nord prévoit de remplacer complètement une portion de 500 mètres de ce tuyau, qui transporte chaque jour 27,5 millions de litres de produits pétroliers, soit plus de 172 000 barils.

     

    « Ce remplacement est nécessaire afin de préserver l’intégrité du pipeline car l’épaisseur de son recouvrement a diminué au fil des années en raison de l’érosion », indique Pipeline Trans-Nord, dans une lettre datée du 18 septembre.

     

    La portion problématique se situe sur les territoires de Saint-Lazare et de Vaudreuil-Dorion. L’entreprise, dont les trois principaux actionnaires sont Imperial Oil, Shell et Suncor, a aussi déjà remplacé une portion du pipeline qui traverse au coeur du parc national d’Oka.

    Pipeline « exposé »

     

    Cette fois-ci, la portion à changer traverse le ruisseau Paiement, à Saint-Lazare. Ce cours d’eau se jette dans la rivière des Outaouais, en amont de plusieurs prises d’eau de la région de Montréal et Laval. Et selon ce que précise l’entreprise, le pipeline est « exposé » dans la portion qui traverse le ruisseau. Cela signifie qu’il n’est plus enfoui, comme il devrait l’être normalement.

     

    Ce tronçon sera toutefois « enlevé pour réduire les futurs impacts sur le cours d’eau ». Quant à la partie restante de la portion de 500 mètres, elle sera laissée définitivement en place, dans le sol.

     

    Le nouveau pipeline de 10,75 pouces de diamètre sera quant à lui installé par forage horizontal. « Cette méthode minimisera les impacts sur les habitats fauniques et floristiques potentiels et évitera l’utilisation de machinerie lourde sur des sols instables », a fait valoir la directrice à la réglementation et aux relations externes de Pipeline Trans-Nord, Gail Sharko.

     

    La lettre envoyée aux résidents concernés ne précise pas de date pour le début des travaux. Avant de lancer le projet, l’entreprise doit obtenir une autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Elle doit aussi obtenir l’autorisation de l’Office national de l’énergie (ONE).

     

    L’organisme fédéral n’a pas encore autorisé les travaux, a confirmé jeudi son porte-parole, Marc Drolet. Le MDDELCC n’avait pas encore répondu aux questions du Devoir au moment de publier ce texte.

     

    Problèmes sérieux

     

    Mis au fait des travaux à venir, Greenpeace, Nature Québec et le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec ont réclamé jeudi la « fermeture immédiate » de ce pipeline, construit en bonne partie il y a plus de 65 ans.

     

    « Les autorités font preuve d’un grave manque de responsabilité en laissant ce pipeline fonctionner alors que l’entreprise reconnaît elle-même qu’il présente de sérieux problèmes d’intégrité », estime Patrick Bonin, de Greenpeace.

     

    Les groupes écologistes ont d’ailleurs rappelé que deux commissaires de l’ONE ont demandé la fermeture du pipeline lors du renouvellement de son permis d’exploitation, en septembre 2016. Selon ce qu’ils avaient souligné dans un rapport dissident, « les contrôles opérationnels actuels » de l’entreprise Pipeline Trans-Nord « ne respectent pas » la réglementation et les normes.

     

    Sécuritaire

     

    Du côté de la Communauté métropolitaine de Montréal, on a indiqué jeudi que des inquiétudes ont déjà été soulevées quant à la sécurité de la conduite. L’ONE aurait toutefois répondu à ces inquiétudes en imposant des mesures de sécurité « supplémentaires » à Pipeline Trans-Nord.

     

    « Nous continuons d’exercer une surveillance active du fonctionnement du réseau pipelinier de Trans-Nord, a d’ailleurs répondu M. Drolet, de l’ONE. Cela comprend des vérifications par nos inspecteurs des activités de la société, le suivi de l’ordonnance de sécurité et la tenue de réunions régulières avec les responsables de Trans-Nord. »

     

    L’organisme fédéral juge que ce pipeline de 65 ans « ne pose pas de danger significatif », selon ce qu’a indiqué M. Drolet. Des travaux de surveillance ont notamment été réalisés le mois dernier.

     

    Déversements

     

    Ce pipeline est responsable à lui seul de six des treize incidents liés aux pipelines au Québec répertoriés par l’ONE, et ce, depuis 2008. Il est notamment à l’origine d’un déversement de plus de 14 000 litres survenu près de la rivière des Prairies, en 2010. La même année, un autre déversement de plus de 1500 litres a eu lieu dans Montréal-Est.

     

    Le pipeline Trans-Nord, qui relie la région de Montréal à l’Ontario, traverse la rivière des Outaouais aux limites du Lac des Deux Montagnes. Il passe aussi sur le territoire de Deux-Montagnes et de Saint-Eustache, en plus de franchir la rivière des Mille-Îles.

     

    Le pipeline compte deux tronçons dans la région de Laval et Montréal. Un premier se rend à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, en traversant Laval et la rivière des Prairies. L’autre tronçon traverse aussi Laval, la rivière des Prairies et le secteur des installations pétrolières de Montréal-Est.













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