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    Durs accrochages en mer entre Sea Sheperd et les baleiniers japonais

    21 février 2013 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse, Alexandre Shields | Actualités sur l'environnement
    Les affrontements entre militants animalistes et baleiniers japonais se sont intensifiés ces dernières heures dans les eaux de l’océan Austral. L’organisation Sea Shepherd, qui affirme être parvenue à stopper la mise à mort de baleines au cours des derniers jours, a même accusé les chasseurs japonais d’avoir volontairement percuté un de leurs navires. Il s’agit des pires accrochages des trois dernières années à survenir entre les deux camps.

    «Il y a eu aujourd’hui une attaque scandaleuse sur des bateaux de Sea Shepherd Australia, de la part d’un navire usine japonais qui est entré volontairement en collision avec ces bateaux», a déclaré Bob Brown, codirigeant de cette campagne, dans un communiqué émis au cours des dernières heures.

    Selon l’association, le navire usine japonais Nisshin Maru — où sont dépecés les rorquals abattus par les navires harponneurs — est rentré dans le Steve Irwin et le Bob Barker, deux des quatre embarcations de Sea Shepherd parties fin 2012 pour tenter de contrer la campagne annuelle de chasse nipponne. Un canot de sauvetage d’un pétrolier sud-coréen, auprès duquel le navire usine japonais se réapprovisionnait en carburant, a été détruit dans l’accrochage, a indiqué Bob Brown.


    Le Nisshin Maru est entré en collision à plusieurs reprises avec le Bob Barker, détruisant un radar, tous les mâts et provoquant une coupure d’électricité qui a entraîné l’envoi d’un message de détresse, a ajouté Sea Shepherd. «C’est extraordinairement dangereux et c’est en violation de la loi internationale», s’est indigné Bob Brown, l’ancien dirigeant du parti des Verts australiens.


    Cet incident, qui a vu le Bob Barker pris en sandwich entre le pétrolier sud-coréen et le navire usine japonais, est le plus violent depuis janvier 2010, lorsque l’Ady Gil, un bateau de Sea Shepherd, avait été littéralement été coupé en deux par un navire harponneur alors qu’il harcelait la flotte japonaise. Le navire qui a éperonné l’Ady Gil l’avait ensuite aspergé à l’aide d’un puissant canon à eau, risquant ainsi de projeter les membres d’équipage par-dessus bord, dans les eaux glaciales.


    Un responsable de l’Agence des pêches japonaises questionné par l’Agence France-Presse (AFP) a assuré que cet incident avait été provoqué par les navires de Sea Shepherd qui auraient percuté le Nisshin Maru. À Tokyo, un porte-parole de l’Institut de recherche sur les cétacés, qui cogère la campagne de pêche, a expliqué que l’approvisionnement en carburant avait dû être suspendu à cause des « activités dangereuses » de Sea Shepherd.


    Poursuite de la chasse?


    Les baleiniers japonais ont par ailleurs assuré jeudi qu’ils continuaient leur campagne de pêche dans l’Antarctique, que les écologistes de Sea Shepherd affirment avoir abrégée. «Nous maintenons notre programme de chasse à la baleine», a expliqué à l’AFP un responsable de l’Agence des pêches japonaises, démentant que la campagne avait été suspendue après un accrochage entre un baleinier nippon et des navires de l’association de défense de l’environnement.


    Le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, a affirmé au contraire que la flotte baleinière avait stoppé la pêche après l’incident de mercredi, qui a empêché le navire usine nippon de se ravitailler en carburant. «Je crois que c’est la fin des opérations baleinières pour cette saison», a soutenu M. Watson à l’agence Associated Australian Press par téléphone depuis le navire de Sea Shepherd Steve Irwin.


    Le Japon prétend depuis des années qu’il mène une chasse à des fins de «recherche scientifique». Il prévoyait tuer cette année environ 900 petits rorquals et environ 50 rorquals communs. La Commission baleinière internationale a interdit la capture commerciale de la baleine en 1986 pour protéger ces mammifères en voie de disparition, mais elle a autorisé des campagnes de chasse conduites à des fins de recherche.


    Il existe un sanctuaire baleinier de l’océan Austral. Il a été mis en place en 1994 pour y interdire toute chasse commerciale. Seul le Japon s’est opposé à sa création et continue d’y abattre des petits rorquals et des rorquals communs chaque année.


    Ce programme coûte cher à Tokyo et la demande pour la viande de baleine, autrefois populaire dans l’archipel nippon, est aujourd’hui très faible. Si bien que le pays en a déjà des milliers de tonnes en réserve. Qui plus est, plusieurs pays, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, dénoncent année après année cette chasse. Canberra a d’ailleurs porté plainte en 2010 devant la Cour internationale de justice de La Haye pour mettre un terme à cette pratique que poursuit le Japon sous des couverts scientifiques. Mais le gouvernement s’est toujours refusé à envoyer un bateau pour surveiller cette chasse.


    Sea Shepherd, une ONG américaine consacrée à la protection des océans, perturbe chaque année les expéditions japonaises. Un tribunal américain lui a interdit cette année de s’approcher à moins de 500 mètres des baleiniers japonais. L’organisation a refusé de respecter cet ordre de la cour.













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