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    Chasse à la baleine - Les militants animalistes crient victoire

    Les baleiniers japonais n'ont atteint que le tiers de leur quota

    Pour une deuxième année consécutive, les actions des militants anti-chasse ont fortement perturbé la campagne menée par les baleiniers japonais en Antarctique. À tel point qu'ils ont harponné à peine le tiers des cétacés qu'ils comptaient mettre à mort. L'Australie, opposée à cette chasse qualifiée de «scientifique» par Tokyo, a aussi réitéré son intention de poursuivre son action en justice pour forcer le Japon à y mettre fin.

    Les baleiniers, partis du Japon en décembre, ont ainsi capturé 266 petits rorquals et un rorqual commun, le deuxième plus gros animal vivant sur la planète. Or, Tokyo espérait bien remplir son quota d'environ 900 petits rorquals tués, ainsi que quelques dizaines de rorquals communs. Les cheptels de ces deux espèces observées chaque été dans le Saint-Laurent sont méconnus.

    Par voie de communiqué, l'Agence des pêches nippone a attribué ses insuccès à l'action des militants de l'organisation Sea Shepherd, fondée par le Canadien Paul Watson. «Les prises ont été inférieures à ce qui avait été prévu en raison des conditions climatiques et des actes de sabotage perpétrés par des militants, a-t-on fait valoir. Il y a eu incontestablement des campagnes de sabotage derrière ces chiffres.»

    Les animalistes, qui bénéficient de l'appui financier de nombreuses personnalités, ont poursuivi la flotte japonaise à bord de trois navires, dont le Bob Barker et le Brigitte Bardot. Ils ont attaqué les baleiniers en lançant des bombes puantes sur le pont ou en tentant de stopper leurs hélices de propulsion à l'aide de câbles. Par le passé, des navires des deux camps sont parfois entrés en collision. En janvier 2010, un bateau de la Sea Shepherd a même été coupé en deux par un baleinier.

    «Ç'a été une campagne couronnée de succès. Pas aussi bien que l'an dernier, mais bien mieux que toutes les années passées», a commenté Paul Watson. L'an dernier, le Japon avait été contraint d'interrompre sa campagne après avoir tué 172 baleines.

    Le Japon prétend depuis des années qu'il mène une chasse dédiée à la «recherche scientifique», ce qui est autorisé par la Commission baleinière internationale (CBI). Mais soit les informations recueillies sur les carcasses sont déjà connues, soit elles peuvent être obtenues par des moyens non létaux. La viande des cétacés est par ailleurs vendue dans les supermarchés.

    Les pays protecteurs des baleines et les défenseurs de l'environnement dénoncent d'ailleurs cette pratique comme une chasse commerciale déguisée. L'Australie a même réaffirmé la semaine dernière son intention de poursuivre ses démarches en justice. «Les activités baleinières nippones sont contraires au droit international, a affirmé le gouvernement australien dans un communiqué. C'est pourquoi l'Australie a entamé et va poursuivre une plainte auprès de la Cour internationale de justice. Nos efforts visent à mettre fin pour de bon à la pêche baleinière dans l'Antarctique.»

    Même si plusieurs espèces de cétacés fréquentent les eaux canadiennes, le Canada ne fait pas partie de la CBI.

    ***

    La Norvège part à la chasse

    Si le Japon utilise le prétexte d'une chasse «scientifique» pour justifier ses campagnes en Antarctique, la Norvège et l'Islande mettent aussi à mort des cétacés année après année.

    Les deux pays pratiquent d'ailleurs ouvertement une chasse commerciale, puisqu'ils ont refusé d'adhérer au moratoire adopté par plusieurs États en 1986. Les deux pays ciblent des petits rorquals et des rorquals communs, deux espèces dont les cheptels sont méconnus.

    Oslo a d'ailleurs annoncé récemment avoir étendu ses zones de chasse dans l'Océan Arctique, après avoir constaté que les quotas fixés chaque n'étaient pas remplis. Le pays scandinave espère ainsi harponner un total de 1286 rorquals cette année.

    Greenpeace a critiqué cette décision. «Au lieu de lui donner des carottes lui permettant de se maintenir en vie, le gouvernement serait mieux avisé d'organiser un démantèlement bien ordonné de l'activité baleinière», a déclaré récemment à l'Agence France-Presse un responsable norvégien du groupe écologiste.












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