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    Vos finances

    La gestion active mise à mal

    L’année 2016 a été particulièrement cruelle pour la gestion active. La performance de l’indiciel est venue exacerber la pression sur les frais de gestion, dont la taille est toujours plus difficile à justifier. Les FNB ont pu ajouter à leur popularité.

     

    L’agence de notation Moody’s a été particulièrement dure dans une note de décembre. Frais de gestion pris en compte, la performance de la gestion active a continué à décevoir, a résumé l’agence new-yorkaise. Les marchés boursiers vont bien et les indices de référence performent. Aussi, les autorités réglementaires ajoutent à la pression sur la structure de rémunération des intermédiaires et mettent l’accent sur la transparence. Résultat : le déplacement de l’épargne vers les produits à gestion passive et indicielle, à moindres frais, s’accélère. Au Canada, les Fonds négociés en Bourse (FNB) ont attiré le tiers des ventes nettes de l’industrie des fonds d’investissement l’an dernier. Quant aux produits-vedettes autres que les indiciels boursiers et à revenu fixe, les experts ont noté que, pour parer à la volatilité, les investisseurs ont adopté progressivement depuis l’an dernier des FNB à bêta judicieux axés sur le revenu, la qualité et la faible volatilité.

     

    Certes, l’actif sous gestion dans les FNB, à près de 120 milliards au Canada, ne représente qu’une fraction de celui de 1300 milliards des fonds d’investissement traditionnels. Mais la pression sur les frais demeure réelle et ajoute à l’attrait de la gestion passive. D’autant que les rendements de l’an dernier, avec du 17,5 % pour l’indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto et de 8,1 % pour le S&P 500 de New York, ont braqué les projecteurs sur la gestion indicielle.

     

    Dans sa note, Moody’s retient que les investisseurs sont plus que jamais sensibles aux frais et toujours plus sceptiques quant à la valeur ajoutée proposée par la gestion active. « La croissance organique demeure un véritable défi pour les gestionnaires actifs alors qu’elle surpasse l’industrie dans la gestion passive. » Moody’s change sa perspective pour l’industrie de la gestion d‘actif de stable à négative.

     

    Une illustration plus marquante de cet écart grandissant entre les deux approches vient de l’univers des fonds alternatifs, où les rendements moyens sont plutôt désastreux par rapport au S&P 500. L’indice HFRI des hedge funds a progressé de 5,5 % l’an dernier, contre un gain du S&P 500 de 11,9 % (incluant les dividendes). En 2015, le premier a fait du –1,1 %, contre du +1,4 % pour le deuxième. En 2014, du 3 % contre 13,7 % ; en 2013, du 9,1 % contre 32,4 % : en 2012, du 6,4 % contre 16 %… Bref, depuis la crise, les hedge funds n’ont plus la cote. Il faut cependant reconnaître que la conjoncture est moins favorable à cette famille de fonds dont la raison d’être est de proposer moins de volatilité et moins de corrélation avec les différentes autres classes d’actif.

     

    Et il y a l’âge. Le magazine spécialisé Conseiller publiait en février les résultats d’un sondage en ligne réalisé pour le manufacturier de produits financiers BlackRock Canada confirmant la popularité grandissante des FNB auprès des membres des générations X et Y. Un investisseur canadien sur trois opte pour « la polyvalence et la commodité » de ces produits. Et 85 % des Y, ainsi que 76 % des X, sont susceptibles de faire de nouveaux placements dans des FNB, contrairement aux investisseurs plus âgés (44 %), peut-on lire dans le magazine.

     

    L’âge constitue souvent un facteur déterminant par rapport aux sources d’information des investisseurs, relève le sondage. Les membres des générations Y et X sont beaucoup plus susceptibles de consulter des sites Web financiers pour obtenir des renseignements (38 % et 41 %, respectivement) que les baby-boomers (30 %) et les aînés (21 %).

     

    Toujours selon le texte de Conseiller, plus les investisseurs vieillissent, plus ils ont tendance à se tourner vers un professionnel pour obtenir des conseils.

     

    Petit retour

     

    Petit retour sur les FNB. Question d’offrir des frais de gestion inférieurs, parfois de 90 %, à ceux des fonds d’investissement traditionnels, nombre d’entre eux proposent une stratégie d’investissement passive, se contentant de répliquer un indice ou un portefeuille de référence. À l’autre bout du spectre, on retrouve les FNB à gestion active, puis à effet de levier. Ces frais de gestion sont bien en deçà du 1 %, contre 1,5 % à 3 % pour les fonds traditionnels.

     

    Ces véhicules se décomposent entre les FNB dits physiques et les synthétiques, ces derniers s’en remettant aux swaps et aux instruments dérivés pour obtenir l’exposition recherchée, avec des frais de gestion encore plus bas.

     

    Au sens large, ils retiennent l’attention pour le risque plus ciblé qu’il propose, par ces frais de gestion moindres et parce qu’ils sont négociés en Bourse, à des frais de transaction pouvant être minimes, voire ramenés à 0 $. Ils sont appréciés pour l’élément de diversification — de titres, de secteurs ou de stratégie d’investissement — qu’ils apportent aux portefeuilles. Ces instruments permettent l’accès, parfois pointu, à un panier de titres diversifiés pouvant comprendre des actions, des obligations ou des marchandises. Voire, aussi, une approche ciblée en matière de placement et de risque particulier.













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