Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Il faudra plus que le marché du carbone pour réduire les émissions de GES, dit Québec.

    Le secteur industriel répète depuis longtemps qu’il a déjà fourni des efforts importants et que les prochains seront de plus en plus difficiles.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le secteur industriel répète depuis longtemps qu’il a déjà fourni des efforts importants et que les prochains seront de plus en plus difficiles.

    L’impact économique du marché du carbone au Québec sera de –0,11 % à –0,14 % en 2023, estime le ministère des Finances dans une étude qui prédit également que ce système fournira 14 % de l’effort requis pour atteindre la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030.

     

    À l’approche de la prépublication du règlement qui balisera le marché du carbone de 2021 à 2023, le ministère a tenté de chiffrer ce qu’entraînera ce système sur l’économie du Québec, dont l’objectif est de réduire les émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

     

    Mis sur pied en 2013, le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE) fixe un plafond d’allocations gratuites qui permettent d’émettre une quantité définie de GES. Puisque ce plafond diminue graduellement, les entreprises doivent acheter des droits supplémentaires ou réduire leurs émissions.

     

    « D’autres mesures devront être mises en oeuvre et des achats de droits d’émission à l’extérieur du Québec devront être effectués », peut-on lire dans le rapport diffusé fin août par le ministère de l’Environnement dans le cadre d’une consultation. « Cela représenterait environ 86 % des efforts à réaliser. »

     

    Selon un scénario de référence décrit dans l’analyse, le SPEDE pourrait :

     

    ajouter de 6 à 7,5 cents au prix du litre d’essence en 2023 ;

     

    avoir un impact de 307 millions sur le revenu disponible des ménages ;

     

    réduire le PIB de 513 millions et entraîner la perte de 5936 emplois.

     

    En ce qui concerne le secteur industriel, le document indique que « l’impact serait plus élevé dans certains secteurs », comme les produits minéraux non métalliques et le milieu pétrolier.

     

    « Un des points centraux du projet de modification réglementaire concerne la réduction attendue des allocations gratuites de droits d’émission octroyées aux grandes entreprises industrielles », a écrit le ministère des Finances, qui a publié l’analyse sur son propre site mardi.

     

    « Or, le SPEDE, ainsi que la diminution des allocations gratuites de droits d’émission de GES accordées aux grandes entreprises industrielles qui l’accompagne, aura des effets négatifs sur l’économie du Québec, en raison des coûts additionnels que ces mécanismes imposent aux entreprises, lesquelles font face à la concurrence internationale », ajoute le rapport.

     

    Selon le ministère, la réduction des allocations gratuites aux grandes entreprises aura sur celles-ci un impact négatif de 12 à 14 millions en 2023. Par conséquent, à partir de 2024, « afin de réduire l’impact négatif du SPEDE sur le secteur industriel du Québec, les réductions futures des allocations gratuites qui leur sont accordées seront modulées en fonction de l’évolution de la tarification du carbone au niveau mondial par rapport à celle du Québec ».

     

    Industriel vs transport

     

    Le secteur industriel répète depuis longtemps qu’il a déjà fourni des efforts importants et que les prochains seront de plus en plus difficiles : selon les données officielles, il a réduit ses émissions de 20 % entre 1990 et 2012. Celui du transport, de son côté, a augmenté de 25,7 %. Dans son ensemble, le Québec a réduit ses émissions de 8 % sur la même période.

     

    « Les allocations gratuites permettent aux entreprises québécoises de demeurer compétitives, elles qui sont assujetties à une lourde tarification carbone que plusieurs de leurs compétitrices internationales n’ont pas », a indiqué la présidente du Conseil patronal de l’environnement du Québec, Hélène Lauzon.

     

    Selon Mme Lauzon, « toute réduction significative de ces allocations gratuites serait alarmante ». « Nous voyons d’un très bon oeil toute modulation des allocations qui permettrait aux entreprises québécoises de souffler un peu. […] Les entreprises québécoises n’ont rien contre les mesures visant à améliorer leur performance environnementale. Ce qu’elles déplorent, c’est que leurs compétitrices n’aient pas à y faire face. »

     

    Environ 85 % des émissions de GES du Québec sont couvertes par le système, qui est lié à celui de la Californie et le sera aussi à celui de l’Ontario l’an prochain. Québec estime que les ventes aux enchères de droits lui rapporteront, au total, 3,3 milliards de 2013 à 2020. La somme sera versée au Fonds vert.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.