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    Perspectives

    Salaire minimal

    Les perspectives économiques, canadiennes et mondiales, prennent du mieux. L’embellie repose toutefois sur un fond mouvant, avec une liste des éléments de risque allant en augmentant. S’y retrouve, désormais de manière répétitive, la faible croissance des salaires, une atonie qui n’est pas sans renforcer l’argumentaire des partisans d’une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.


    Dans ses dernières prévisions publiées mercredi, l’OCDE estime que l’économie mondiale va mieux mais déplore que la progression mesurée de l’activité économique ne puisse nous éloigner du piège de la « croissance molle ». L’ombre de la stagnation séculaire continue de planer avec, à la clé, des déséquilibres persistants et croissants.

     

    Ces facteurs de risque sont connus pour la plupart. Incertitudes géopolitiques élevées et persistance des inégalités, de revenu et de richesse, dominent la liste. L’Organisation de coopération et de développement économiques y ajoute l’apparition de poches de vulnérabilité sur les marchés financiers, les perspectives modestes de croissance et d’inflation augmentant les probabilités d’une correction. Pour le Canada, l’endettement des ménages et la surchauffe immobilière touchant Vancouver et Toronto demeurent les grands irritants. À l’instar du souhait formulé par le FMI le 31 mai, l’OCDE invite Ottawa à resserrer ses mesures restreignant l’accès à la propriété en recourant à des actions macroprudentielles, comme un plafonnement plus restrictif des ratios dette-revenu là où il y a bulle immobilière. Une correction désordonnée de ces marchés « porterait un coup à l’investissement résidentiel, à la richesse des ménages et à la consommation. Un choc suffisamment important pourrait même menacer la stabilité financière », écrit l’OCDE.

     

    L’agence Moody’s vient d’ailleurs d’abaisser légèrement la notation des banques canadiennes en raison de leur sensibilité ou vulnérabilité potentielle à l’endettement des ménages et aux prix immobiliers.

     

    À moitié achevé

     

    Ces nuages sombres étant, l’Organisation met en garde « les responsables de l’action publique » contre tout excès d’optimisme. Les salaires ne croissent toujours pas autant qu’espéré, déplore-t-elle entre autres. L’an dernier, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, déclarait que « le redressement du marché de l’emploi n’est qu’à moitié achevé car les salaires restent à la traîne ». Il invitait les pouvoirs publics à prendre « des mesures globales et ambitieuses pour relancer les gains de productivité et la croissance des salaires, et pour lutter contre le creusement des inégalités sur le marché du travail ».

     

    Il affirmait que la croissance des salaires reste atone dans de nombreux pays. « Les gains de productivité stagnent depuis ces dernières années et, parmi les travailleurs qui ont perdu leur emploi dans l’industrie manufacturière ou la construction pendant la crise, nombreux sont ceux qui ont retrouvé, dans le secteur des services, des emplois faiblement rémunérés qui ne correspondent pas à leurs compétences. »

     

    Bref, la qualité des emplois, et plus particulièrement la situation de certaines catégories de la population, est source de perturbations. Aussi, la proportion de jeunes déscolarisés, sans emploi et ne suivant aucune formation dans la zone OCDE était encore supérieure, en 2015, au niveau constaté en 2007. « Par ailleurs, des inégalités persistent entre hommes et femmes sur le marché du travail et les emplois occupés par les femmes demeurent de moins bonne qualité que ceux des hommes », énumérait l’OCDE.

     

    Le Fonds monétaire international a même été plus loin en invitant les pouvoirs publics à miser sur une hausse, même musclée, du salaire minimum. L’institution se penchait alors sur la réalité économique et sociale des États-Unis. Un Américain sur sept vivait dans la pauvreté, même si 40 % d’entre eux occupaient un emploi. Il faut, certes, stimuler l’emploi, mais il faut aussi des emplois mieux rémunérés, martelait le FMI, un constat qui ne se limite pas qu’à l’économie américaine.

     

    D’autant que Statistique Canada a déjà conclu que le salaire minimum avait, en définitive, fait du surplace au fil des ans lorsque ramené en dollars constants. Tout au plus les hausses décrétées au fil des décennies ont permis de protéger le pouvoir d’achat tel que mesuré par l’indice des prix à la consommation. Il y a donc eu appauvrissement si on ajoute la hausse des taxes et des tarifs à absorber.

     

    L’agence fédérale soulignait qu’ils sont aujourd’hui plus nombreux à travailler à ce salaire de base, qui concerne toujours plus de jeunes.













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