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    Fiscalité

    Donald Trump pourrait déclencher la prochaine récession mondiale

    Le plan du président américain est susceptible de créer un cocktail explosif

    Les visées protectionnistes du président américain pourraient nuire à la croissance économique du pays.
    Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Les visées protectionnistes du président américain pourraient nuire à la croissance économique du pays.

    Si Donald Trump passe de la parole aux actes, ses politiques budgétaires et fiscales pourraient provoquer la prochaine récession de l’économie mondiale d’ici 2020, prévient une note économique de Desjardins publiée mardi.

     

    Le président américain a déjà annoncé son intention de baisser les impôts des entreprises, en faisant passer le taux d’imposition de 35 % à 15 %, et d’investir massivement dans les infrastructures pour stimuler l’économie des États-Unis. Ce plan de match, qui a suscité l’enthousiasme des marchés financiers à la suite de l’élection du milliardaire, n’est pas sans faille, note l’économiste de Desjardins Hendrix Vachon.

     

    « Si Trump diminue les impôts, qu’il augmente les dépenses en infrastructures et qu’il n’y a pas de baisse des dépenses ailleurs, dans d’autres programmes, on peut prévoir une augmentation de l’endettement des États-Unis, explique-t-il en entrevue. Cet endettement serait l’essence sur le plancher et le feu serait provoqué par une hausse des taux d’intérêt. »

     

    Dans sa note économique, M. Vachon soutient que les effets bénéfiques des politiques de Trump, si celles-ci sont approuvées par le Congrès américain, ne seraient que passagers. Le ralentissement qui s’ensuivrait pourrait nuire à la confiance des consommateurs, des entreprises et des investisseurs, juge-t-il.

     

    L’économiste constate par ailleurs que les réformes du président pourraient « surstimuler » l’économie américaine, au moment où le taux de chômage est très bas, ce qui ferait grimper l’inflation et forcerait la Réserve fédérale américaine à accélérer la hausse des taux d’intérêt.

     

    Sans compter les visées protectionnistes du président américain, qui pourraient nuire à la croissance économique du pays.

     

    « Tout cela mis ensemble, il pourrait y avoir un cocktail qui permet de prévoir une récession, affirme Hendrix Vachon. Dans nos prévisions de moyen terme, on incorpore déjà depuis un certain temps une baisse du PIB à l’horizon de 2020. »

    Si les États-Unis tombent en récession, c’est certain que les autres économies se retrouveront en difficulté
    Hendrix Vachon, économiste de Desjardins


    Effet domino

     

    Dans son analyse dévoilée mardi, l’économiste de Desjardins se demande à quel moment et dans quel contexte surviendra la prochaine récession mondiale. Et à moins d’un événement imprévu, comme une guerre ou une chute brutale des prix des matières premières, tout indique que le sort de l’économie mondiale repose en grande partie sur les épaules des États-Unis, et de son président.

     

    « Si les États-Unis tombent en récession, c’est certain que les autres économies se retrouveront en difficulté, souligne M. Vachon, en soulignant que les Américains contribuent à eux seuls à 20 % de la consommation mondiale. La position dominante du pays dans l’économie mondiale fait en sorte que, lorsqu’il subit un contrecoup, plusieurs autres pays sont entraînés. »

     

    De leur côté, les autres grandes économies de la planète sont elles aussi vulnérables en raison de leur niveau d’endettement élevé, qui monte en flèche depuis 2008. Elles encaisseraient donc durement une hausse des taux d’intérêt.

     

    Cycle hors norme

     

    En juin prochain, cela fera huit ans que l’économie américaine est sortie de la dernière récession. Or l’histoire nous apprend que les cycles économiques s’échelonnent généralement sur une période variant entre 6 et 10 ans, écrit M. Vachon dans sa note économique.

     

    Ce que nous vivons actuellement est donc hors norme, observe l’économiste de Desjardins : si le cycle de croissance des États-Unis se prolonge encore de deux ans, il s’agira de la plus longue période de croissance jamais enregistrée dans l’histoire du pays. Cela dit, le temps n’est pas une variable qui permet de tout prévoir, met en garde M. Vachon.

     

    Chose certaine, la prochaine récession n’entraînera pas des dommages aussi importants que ceux causés par la dernière crise, estime-t-il. Les consommateurs américains sont beaucoup moins endettés qu’ils ne l’étaient en 2008-2009, ce qui devrait faciliter le redémarrage de l’économie américaine.

     

    On ne peut cependant pas en dire autant des ménages canadiens, qui sont plus endettés que leurs voisins du sud. « Ça pourrait être plus difficile pour nous », dit-il.













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