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    Rapport

    Le Québec doit faire mieux et autrement en matière d’innovation

    21 mars 2017 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Actualités économiques
    Les auteurs du rapport conseillent de revoir l’ensemble des programmes, mesures, stratégies et organismes voués à l’innovation. 
    Photo: iStock Les auteurs du rapport conseillent de revoir l’ensemble des programmes, mesures, stratégies et organismes voués à l’innovation. 

    Les récentes politiques québécoises en matière d’innovation et de recherche-développement sont peu efficaces et mal ciblées. Et ce sont surtout les grandes entreprises qui en profitent.

     

    En fait, les dépenses privées en recherche-développement ont tellement baissé depuis le sommet atteint en 2001 qu’elles sont revenues au niveau où elles étaient en 1998, indique un rapport produit par le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, qui vient d’être dévoilé.

     

    La publication de ce rapport survient alors que Québec s’apprête à dévoiler sa nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation.

     

    Quatre politiques

     

    Depuis 2000, pas moins de quatre politiques ont été consacrées à l’innovation et, pourtant, « la performance du Québec en recherche-développement ne s’est pas améliorée », déplorent les auteurs Jonathan Deslauriers, Robert Gagné et Jonathan Paré. Pour corriger le tir, les auteurs recommandent par exemple de laisser plus de liquidités aux PME en éliminant leur cotisation au Fonds des services de santé. Seulement 1,7 % des PME bénéficient du crédit en recherche-développement et il faut trouver moyen d’inciter les 98,3 % restantes à s’en prévaloir, plaident-ils dans leur rapport intitulé Des solutions pour stimuler l’innovation au Québec.

     

    Ils proposent donc de leur donner congé de cotisation au Fonds des services de santé. De cette façon, « le gouvernement rejoindrait un maximum de PME qui disposeraient alors de liquidités pour financer des activités d’innovation qui ne sont pas nécessairement reconnues comme telles par la définition du crédit en recherche-développement », écrivent les auteurs.

     

    Grandes entreprises

     

    Pour ce qui est des grandes entreprises, ils conseillent d’adopter une approche par projet pour mieux sélectionner en amont les activités financées, voir au suivi des retombées et retirer le financement lorsque les objectifs ne sont pas atteints. D’après les données citées, moins de 500 grandes entreprises ont accaparé 40 % des sommes disponibles du crédit en recherche-développement.

     

    De même, comme le secteur manufacturier est le moteur de la recherche et du développement au Québec, les auteurs recommandent de cibler les PME manufacturières. Plus précisément, ils proposent d’unifier les crédits qui sont actuellement disponibles pour les PME manufacturières en les recentrant vers les investissements qui stimulent la compétitivité, comme l’achat de technologies développées par des tiers, la modernisation de la production, etc.

     

    Dans un angle plus large, ils conseillent également de revoir l’ensemble des programmes, mesures, stratégies et organismes voués à l’innovation afin de « concentrer l’aide vers les mesures plus porteuses ».

     

    Éducation

     

    Les auteurs du rapport écorchent aussi le gouvernement du Québec pour ne pas avoir suffisamment investi en éducation ces dernières années. « Québec a entravé la capacité de la province à générer de l’innovation en ne plaçant pas l’éducation en tant que mission prioritaire », écrivent-ils. « Depuis le début des années 2000, la croissance des dépenses en éducation a été quatre fois moins rapide qu’en Ontario. Résultat : le gouvernement aurait dû injecter 1,5 milliard supplémentaire dans le dernier budget de l’éducation pour permettre au Québec de rattraper la moyenne canadienne », critiquent les chercheurs.

     

    « Loin d’être sans conséquence, le manque cumulé a laissé des cicatrices profondes dans la performance de la province en éducation. En plus d’afficher encore aujourd’hui un taux de décrochage préoccupant, les Québécois sont moins nombreux à sortir des rangs universitaires avec une maîtrise ou un doctorat », déplorent-ils.













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