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    Le minimum vital

    Une saison boulimique où il ne faudrait pas manquer David Myles, Marlon Williams ou Lindi Ortega

    13 janvier 2018 |Sylvain Cormier | Musique
    Milk & Bone présentera son nouvel opus au Corona le 5 avril.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Milk & Bone présentera son nouvel opus au Corona le 5 avril.

    Le calendrier est long comme mon bras quand mon bras se prolonge d’un râteau-grattoir à neige. De la fin janvier au début mai, c’est tapissé, presque chaque soir un spectacle, ou deux, ou trois, ou toute une bordée pendant les onze jours du festival Montréal en lumière. Ça étourdit. Rien que les gros noms alignés au Centre Bell assomment : un Santana ici, un Justin Timberlake là, un Rod Stewart, une Demi Lovato, une P!nk. Ça vous dégrève le budget de sorties avant de passer au détecteur de métal. Ma recommandation : se choisir la mégavedette dont on a vraiment envie, et se garder suffisamment de noisettes pour s’offrir la dizaine proposée ci-dessous. De quoi se sustenter, découvrir, renouer : un minimum vital et vitaminé.

     

    Dany Placard au Cabaret de la dernière chance. C’est dans ce lieu mythique, à Rouyn-Noranda, qu’il faudrait affronter Full Face, le spectacle du nouvel album qui, le nom l’indique, se reçoit en pleine poire, électrique et rugueux. Mais bon, si les chemins ne sont pas praticables, le barbu en chef sera aussi à Montréal le 1er février dans le cadre du Taverne Tour 2018.

    Photo: Grant Pollard Associated Press Les sœurs suédoises de First Aid Kit seront au MTelus le 6 février.

    First Aid Kit au MTelus. On a connu et aimé les soeurs suédoises Klara et Johanna Söderberg, éprises de country-folk, au deuxième album (The Lion’s Roar, en 2011), qui exaltait leur amour d’Emmylou Harris et Gram Parsons. Les voilà en tournée pour Ruins, un quatrième disque au titre triste. Enfants des réseaux sociaux, elles n’ont cessé de se faire des amis, de quoi remplir un MTelus le 6 février, cinq ans après La Sala Rossa.

     

    Noel Gallagher’s High Flying Birds à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA. L’appellation dit tout : High Flying Bird, c’est d’abord une chanson du Jefferson Airplane, et Noel Gallagher, c’est le frère de l’autre, ex-Oasis. La tournée du nouvel album Who Built the Moon s’arrête le 18 février au même Wilfrid que la dernière fois (au FIJM), et si c’est aussi planant, on va se retrouver au plafond comme des ballons gonflés à l’hélium.

     

    Marlon Williams au Petit Campus. Ça, c’est une chance extraordinaire. Dans sa Nouvelle-Zélande, le chanteur country-folk-blues à la voix d’ange est une légende vivante, ce qui n’est pas rien à l’âge qu’il a (27 ans). Imaginez un crooner folk, oui, ça se peut, demandez à Tami Neilson, qui chante Lonely avec lui. Ses disques enchantent, et penser qu’il les échantillonnera dans la proximité du Café Campus le 5 mars, c’est frétiller de plaisir anticipé.

     

    Émile Proulx-Cloutier au Théâtre Outremont. Il y a une plus-value indéniable aux spectacles de cet homme à l’esprit supérieur et supérieurement sensible : il parle entre les chansons, tisse un fil narratif qui lui vient du théâtre et du cinéma. Et le spectacle de Marée haute, album à hauteur d’homme, est la promesse de grands moments de solidarité. Première montréalaise le 4 avril.

     

    Milk & Bone au Corona. Oh qu’il est attendu, le deuxième album de Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin : difficile d’envoûter plus que le premier, avec ses harmonies célestes et ses claviers flottants. Oh qu’il est pareillement attendu, le spectacle de cet album, le 5 avril. Où nous mèneront-elles ? On ira où elles iront.

     

    Dumas à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Dire que l’album promet est peu dire. Subodorer que le spectacle résultant sera épatant n’est pas trop déduire. J’imagine d’ici le groove lent de la nouvelle chanson À l’est d’Éden sur scène les 3, 4 et 5 mai et je vois des corps onduler.

     

    Lindi Ortega à L’Escogriffe. Ce qui la définissait jusqu’à présent, cette chanteuse ontarienne country-folk-rockabilly, c’est la douleur. Or, elle a trouvé l’amour et le bonheur depuis son dernier album, et on se demande à quoi ressemble une Lindi heureuse : on verra ça de près le 4 mai.

     

    Petula Clark au Théâtre Maisonneuve de la PdA. Forte de nouvelles chansons écrites notamment par Louis-Jean Cormier, riche de tant de succès qu’elle peut faire durer le plaisir autant qu’elle veut, c’est une grande tournée québécoise qui ramènera la toute petite et très grande Petula chez nous. Première montréalaise le 10 mai.

     

    Les Cowboy Junkies au Corona. Le rendez-vous inespéré de la saison, avec le seul groupe qui chante et joue plus lentement que son ombre. Nouvel album, nouvelle tournée, retrouvailles montréalaises prévues le 26 mai. Ça dépendra de l’état du poignet brisé de Michael Timmins. Report à l’automne possible. On se tient au courant.

    S’il faut n’en choisir qu’un David Myles, c’est le météorite de la programmation de Montréal en lumière : une rencontre d’inclassable type avec une sorte de crooner en forme de Buddy Holly, un soulman des Maritimes qui vient de la planète pop, mais aussi de la nébuleuse rock’n’roots, un grand efflanqué doté d’un timbre qui vibre gravissime, un hybride des années 1950 et d’aujourd’hui. Création de labo extraterrestre ? Allez savoir. Notre chance, c’est que l’ovni explose sur scène. Ça risque fort de brûler les planches du Gesù le 24 février. On s’y voit ? On s’y voit.

    Montréal en lumière, système solaire À l’intérieur, à l’extérieur, tous genres confondus et confondants, l’hivernal festival n’en finit plus d’ajouter des planètes à son système solaire. Montréal en lumière, du 22 février au 4 mars, c’est tout aussi bien le spectacle au paradis des harmonies de Karen Young et de sa fille Coral Egan que le rock inusable de WD-40. C’est pour ceux qui veulent leur chanson chansonnière (le retour d’Isabelle Boulay, Marie Denise Pelletier chantant Léveillée, l’alliance Martine St-Clair–Luce Dufault–Marie Michèle Desrosiers–Marie-Élaine Thibert), et c’est pour ceux qui veulent se dégourdir en rythme (Random Recipe, La Bronze). Vaste, vaste constellation. On en reparlera, en long et en très large.












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