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    Musique classique

    Le triomphe d’Anton Arenski

    11 septembre 2017 |Christophe Huss | Musique
    Le Trio Montrose est canadien aux deux tiers, avec Martin Beaver au violon, Jon Kimura Parker au piano et le violoncelliste anglais Clive Greensmith.
    Photo: Jerry Zolynsky Le Trio Montrose est canadien aux deux tiers, avec Martin Beaver au violon, Jon Kimura Parker au piano et le violoncelliste anglais Clive Greensmith.

    Le Trio Montrose ouvrait dimanche la saison du Ladies’ Morning Musical Club. Cet ensemble qui porte le nom d’un célèbre vin de Bordeaux puise sans doute davantage son patronyme dans la toponymie des rues de Winnipeg, et plus précisément celle habitée par le violoniste Martin Beaver dans son enfance.

     

    Le Trio Montrose est canadien aux deux tiers, avec Martin Beaver au violon et Jon Kimura Parker au piano. Le violoncelliste Clive Greensmith, anglais, était le collègue de Beaver au sein du Quatuor de Tokyo. Le Trio Montrose s’est formé après la dissolution de ce dernier, en 2013.

     

    De ce qu’on a entendu à l’occasion de cette seconde présence au Ladies’ Morning, les solides Montrose sont à même de donner des concerts fort respectables, mais jouent dans une division inférieure aux références en la matière, que ce soit des réunions de solistes ou des grands trios constitués, comme le Trio Wanderer.

     

    La différence la plus immédiatement perceptible entre les Montrose et des géants comme les Wanderer ou, jadis, les Beaux-Arts, c’est que le toucher de Jon Kimura Parker n’a pas la finesse, la palette et l’inventivité de ceux de Vincent Coq ou Menahem Pressler.

     

    J’oserai dire aussi que les Montrose ont un « registre de confort », qui est le discours roboratif. Quand la musique est franche et limpide, comme celle du Trio n° 1 d’Arenski, le résultat musical, bien campé et solidement exécuté, devient fort satisfaisant. L’enseignement de l’après-midi à la salle Pollack est donc le triomphe de ce trio d’Anton Arenski (1861-1906), splendide continuateur de Tchaïkovski, dans le genre du trio épique et élégiaque.

     

    Pour le reste, ce que l’on retient également, c’est que la programmation est un art et que l’art est difficile. À ce titre, j’ai rarement vécu des hérésies aussi patentes que la succession entre le mi bémol de Haydn et l’Opus 67 de Chostakovitch. Ce qui devait arriver arriva : la transition entre le jovial finale de Haydn et l’outre-monde blafard du début du 2e Trio de Chostakovitch (1944) est tellement impossible que Greensmith et Beaver y ont perdu leur contenance musicale pendant presque une minute.

     

    De toute manière, ni l’une ni l’autre des oeuvres n’est roborative. La première est ludique et ces trois gars-là sont des professeurs pas des drilles ; la seconde est abyssale et cynique, mais les Montrose gardent les mains propres.

     

    Ce demi-concert utilitaire sera assez vite oublié. Le Quatuor de Tokyo donnait dans le même genre à la fin de sa carrière…

    Trio Montrose
    Haydn : Trio en mi bémol majeur, Hob. XV : 29. Chostakovitch : Trio avec piano n° 2, opus 67. Arenski : Trio avec piano n° 1, opus 32. Ladies’ Morning Musical Club, à la salle Pollack, dimanche 10 septembre 2017.












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