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    375e anniversaire

    Montréal au fil des chansons

    La métropole est une muse pour les chanteurs

    17 mai 2017 |Philippe Papineau | Musique
    La Ville aux cent clochers n’inspire pas que du beau, que de l’amour aux artistes...
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville aux cent clochers n’inspire pas que du beau, que de l’amour aux artistes...

    En ce mercredi 17 mai, c’est l’anniversaire de Montréal et, pour l’occasion, Le Devoir s’est amusé à écumer sa collection de disques, à explorer sa bibliothèque de MP3 et à fouiller sur YouTube et Spotify pour vous proposer des chansons où brille la métropole. L’exercice est périlleux, cruel, incomplet… mais assez amusant !


    « On cherche des chansons sur Montréal », a-t-on demandé aux collègues, et particulièrement à l’équipe musique de votre quotidien préféré. Les titres ont fusé, toutes époques et tous styles confondus. Avec un constat : Montréal est une muse particulièrement puissante pour les créateurs d’ici et d’ailleurs.

     

    Autre conclusion : Montréal est multiple. Iconoclaste. Elle se dessine au fil de ses artères et de ses quartiers, elle vibre au gré des saisons.

     

    Été-hiver

     

    Comme l’été qu’on attend impatiemment et qui commence à se pointer le bout du nez. L’été que nous souffle Ariane Moffatt sur Je rentre à Montréal, chanson reggae d’aéroport. « Le soleil inonde le terminal / Et le dub fait danser mes scandales / En format original / Je rentre à Montréal. » Beau Dommage, trente ans avant, avait lui aussi lancé une chanson de retour estival en ville, avec Tous les palmiers. C’est la chanson du fameux 6760 Saint-Vallier, mais aussi un morceau plein de ce qu’est la métropole l’été : les cris dans les ruelles, les déménagements, les bicyclettes sorties du garage, les chaises sur la galerie…

     

    Et si on ajoute une mandoline, on peut se retrouver avec Les Frères à ch’val et leur pièce L’été. Même que les Expos y sont encore en vie (et en avance 8 à 4) ! Nos Z’amours qui se retrouvent aussi en clin d’oeil dans le portrait de la ville que fait le rappeur Boogat en espagnol sur En la montaña.

     

    Et l’hiver montréalais ? Pour plusieurs trentenaires, c’est le riff tranchant comme le froid de Montréal –40 °C, de Malajube, qui vient faire palpiter les coeurs. « Montréal, t’es tellement froide, une ours [sic] polaire dans l’autobus ».

     

    Dumas aussi a chanté l’hiver à Montréal sur J’erre, où le musicien marche dans la ville, quand tout est étouffé par les flocons. « Montréal en hiver ça rend solitaire », souffle-t-il. Cette impression de flotter sous la neige blanche, on la retrouve aussi sur Les peaux de lièvres, de Tricot Machine. « T’as les joues rouges boréales / Tes couettes noires virent au blanc comme l’asphalte / Il tombe des peaux de lièvres sur Montréal. » Y’a de l’amour dans l’air !

     

    De Cohen à Caféïne

     

    Le grand Montréalais Leonard Cohen a aussi laissé sa ville traverser ses chansons, dont sa très célèbre Suzanne. Le poète y parle de la charmante dame, mais aussi du Vieux-Montréal, entre autres de « Our Lady of the Harbour », une référence à la statue de la Vierge trônant sur la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.

     

    Pour rester chez les fiers Anglo-Montréalais, il est difficile d’éviter Complainte pour Sainte-Catherine, de Kate et Anna McGarrigle. « On est tous frères pis ça s’adonne / Qu’on a toujours eu du bon temps / Parce qu’on reste sur la terre des hommes / Même les femmes et les enfants. »

     

    Montréal Peace Love, donc. Mais la Ville aux cent clochers ne suscite pas que du beau, que de l’amour. Elle peut se fairevicieuse, ou rendre fou. Commesur Montréal (cette ville), de Xavier Caféïne, où les chats de ruelle côtoient le hockey, la drogue et l’amour déçu.

     

    Paumé dans l’Est

     

    Cette idée d’une Montréal paumée, peuplée de personnages colorés, revient souvent dans les chansons. Mononc’ Serge et La Descente du coude ont chanté les travers d’Hochelaga avec une bonne dose d’amour, tout comme WD-40 sur Je reviens de l’Est, « au pays des Molson tablettes ». On n’est pas très loin ici de Bernard Adamus et de sa Rue Ontario. Sur l’artère, on « puffe de l’Exporté » et on « tink de l’RC Cola ». « Bienvenue tout le monde dans le bas d’la côte / On est au royaume des cops pis des vendeux d’dope / On a du smack, des junks, des blowjobs à 20 piasses. »

     

    Même énergie chez Koriass et sa pièce Montréal-Nord, qui fait le portrait d’un quartier « loin du décor paisible, des prés pis des rivières ». « Bienvenue dans la pauvreté héréditaire », laisse-t-il tomber, pas si loin des souhaits d’Adamus ci-dessus.

     

    En vrac ? Il y a Les soeurs Boulay qui se cherchent un appart’ rue Masson dans Sac à dos. Ce qui leur permettrait d’aller faire un tour au Café Lézard, qu’a chanté Vincent Vallières. Si le ciel est gris, pourquoi pas se rendre À Rosemont sous la pluie — un titre composé par Raymond Lévesque. Par contre, de là, c’est une longue marche pour aller flâner Sous les cheminées de Montréal-Est, telles que chantées par Richard Séguin. Le mot de la fin pour Philippe B ? « Toi quand vient le mois d’août / tu cueilles des framboises / Moi je chante à genoux / Là où les chemins se croisent. » Parce qu’à Montréal, il y a presque une chanson par intersection.

     

     













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