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    Stéphane Tétreault franchit un nouveau cap important

    20 avril 2017 |Christophe Huss | Musique
    Stéphane Tétreault jouait pour la première fois un important concerto pour violoncelle.
    Photo: Orchestre symphonique de Laval Stéphane Tétreault jouait pour la première fois un important concerto pour violoncelle.

    C’est une chose d’être un jeune talent prometteur. C’en est toute une autre de devenir un grand artiste. Stéphane Tétreault, l’élève favori de Yuli Turovsky, fut incontestablement dès son plus jeune âge un tel talent prometteur. Mais il y a quatre ans, environ, quelque chose plafonnait. Comment Stéphane Tétreault, avec son Stradivarius de haute volée, allait-il pouvoir franchir ce cap supplémentaire et éclore ?

     

    Ce qui manquait était clair et nous l’avions alors écrit : il lui fallait sortir du Québec, diversifier les contacts, se frotter à d’autres écoles et humer les senteurs du vaste monde. La chose est enfin arrivée à la Fondation Louis Vuitton auprès de Gautier Capuçon. Je ne pense pas que Stéphane Tétreault pouvait faire meilleure rencontre.

     

    Il y a la maturation de l’être humain. Il y a celle du musicien. Le résultat est presque stupéfiant. L'« ancien Tétreault », c’était un jeu intense avec un vibrato assez systématique et univoque. Le jeune artiste évoluait, avec brio certes, dans une sorte de carcan ou de système. Le « nouveau Tétreault » a abattu tous les murs et respire avec une grande liberté. Nous l’avions ainsi décrit lors d’un récital au Domaine Forget en août 2015. Mais le « nouveau nouveau Tétreault », vu mercredi soir à la salle André-Mathieu de Laval, possède une vision encore plus mature, un contrôle multiplié des moyens expressifs et de l’expression sonore.

     

    À en juger par sa « prise de rôle » dans le 1er concerto de Chostakovitch mercredi soir, je me réjouis déjà d’entendre, en novembre 2017, en tournée européenne avec l’Orchestre Métropolitain, le concerto d’Elgar du « nouveau nouveau Tétreault ».

     

    Ce Chostakovitch était tellement juste, dès le 1er mouvement, avec des notes tenues idéalement longues et jamais sautillantes, un appui parfait, mais aussi saisissant dans l’approche du début du 2e mouvement sans vibrato. Le jeu de Stéphane Tétreault est nettement plus différencié, ce que confirment la cadence et le respect des nuances, par exemple dans les successions de pizzicatos. Ce qui reste à parfaire, désormais, c’est la tenue sur scène : est-ce la nervosité qui l’a fait autant claquer des talons, notamment dans le 1er mouvement ?

     

    L’expérience musicale à Laval a été une nouvelle fois concluante. La salle, refaite, est effectivement nettement plus agréable que l’ancienne, même si le son reste mat. Mais lorsque le plateau n’est pas surchargé, l’acoustique est décente. Mais ce qui est louable avant tout, c’est la qualité du travail d’Alain Trudel et de ses musiciens : un corniste impeccable dans le concerto, des cordes d’une admirable cohésion dans une sérénade fluide et juste, que Trudel a eu raison d’enrichir avec Thème et variations d’Aïrat Ichmouratov. En vrai Khatchatourian de notre temps, Ichmouratov compose avec talent une musique éloquente et colorée pour le bonheur des auditeurs. Ces derniers lui rendent ce respect et cette considération.

    Âme russe
    Tchaïkovski: Sérénade pour cordes. Ichmouratov: Symphonie de chambre n° 2. Chostakovitch : Concerto pour violoncelle n° 1. Stéphane Tétreault (violoncelle), Orchestre symphonique de Laval, Alain Trudel. Salle André-Mathieu, mercredi 19 avril 2017.












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